Ancien coéquipier de Messi et Ronaldo, il tranche le débat du GOAT
C’est un débat qui tourne en boucle dans les rédactions et les cafés de sport depuis deux décennies, souvent alimenté par des partisans qui n’ont vu les deux génies qu’à travers un écran. Mais Ezequiel Garay, lui, possède cette légitimité rare que confère la proximité du terrain. Ancien pilier de la défense du Real Madrid et soldat de l’Albiceleste, l’Argentin appartient à ce club très fermé de joueurs ayant partagé le quotidien de Lionel Messi et de Cristiano Ronaldo. Trois ans à Madrid avec le Portugais, une vie en sélection avec la Pulga : son verdict n’est pas celui d’un fan, mais celui d’un témoin oculaire.
La pureté de Messi face à la machine Ronaldo
Lorsqu’on lui demande de trancher pour le titre suprême de « GOAT », Garay ne s’embarrasse pas de diplomatie. Pour lui, la hiérarchie est claire, presque évidente. S’il place Ronaldo au sommet de l’athlétisme, c’est à Messi qu’il réserve le trône du football. « Dans le jeu pur, Leo, c’est autre chose », glisse-t-il. Ce que Garay souligne, ce n’est pas seulement l’efficacité, c’est ce sentiment d’imprévisibilité totale. Là où Ronaldo impressionne par la mécanique implacable de son excellence, Messi désarçonne par une fluidité qui semble naturelle, presque insolente, même lors des simples mises en place tactiques le lundi matin.
Pourtant, ce choix n’est pas un désaveu pour le Portugais. Au contraire, Garay valide la mystique qui entoure le travail de Cristiano. Il rejoint les récits de Carlos Tevez sur l’homme-machine : ce joueur qui arrive au centre d’entraînement alors que le soleil n’est pas encore levé, enchaîne les soins, la fonte et la récupération avec une discipline de fer. « Premier arrivé, dernier parti », résume l’ancien Madrilène. C’est le portrait d’un homme qui a décidé de devenir le meilleur par la seule force de sa volonté, bâtissant pierre par pierre l’un des palmarès les plus vertigineux de l’histoire du sport.
Au fond, le regard de Garay nous aide à sortir de l’opposition stérile pour entrer dans la nuance. D’un côté, le génie instinctif, ce « don » brut que Messi semble porter sans effort. De l’autre, le monument érigé par le labeur et l’exigence absolue. Si les deux ont régné sur la même époque, Garay nous rappelle que la différence se niche dans l’émotion visuelle : quand Messi touche le cuir, le football s’allège, les angles s’ouvrent et tout semble soudainement plus simple. Et c’est précisément dans cette simplicité apparente que réside, selon lui, la véritable supériorité.

