Greenwood, l’homme qui a fissuré le vestiaire de l’OM ?
La gifle reçue à Bruges (0-3) a agi comme un accélérateur. En sortant piteusement de la Ligue des champions, l’Olympique de Marseille n’a pas seulement compromis sa saison européenne : il a exposé au grand jour un malaise interne profond. Depuis, les révélations de L’Équipe dessinent les contours d’un vestiaire sous tension. Mais derrière l’accumulation des conflits, une question s’impose désormais en interne comme en externe : et si tout avait réellement commencé par un cas précis ?
L’épisode Greenwood, étincelle de la crise marseillaise ?
Très tôt dans la saison, Mason Greenwood s’est distingué hors du terrain. L’attaquant anglais a séché une opération commerciale sans se soucier des conséquences, un geste perçu comme un signal de défiance. Depuis cet épisode, ses relations avec Mehdi Benatia se sont durablement détériorées, au point que les deux hommes s’ignoreraient au quotidien. En interne, ce comportement a été vécu comme un précédent dangereux, installant l’idée que certains cadres pouvaient s’affranchir du cadre collectif.
Ce premier accroc aurait ouvert la voie à une série de crispations. Sur le terrain, l’attitude directive de Pierre-Emile Højbjerg agace une partie du groupe, d’autant que sa proximité avec Benatia alimente un sentiment d’injustice. Capitaine, Leonardo Balerdi peine à fédérer : provocateur sur le terrain, silencieux en interne, il laisse le vestiaire sans véritable relais. Peu à peu, les frustrations s’empilent, sans régulation claire.
Mason Greenwood, au cœur de la tourmente marseillaise. Son attitude en dehors du terrain, source de premières tensions, aurait été l’étincelle qui a révélé les fractures profondes du vestiaire olympien.
Direction, management et rupture de confiance
Les tensions s’étendent alors à la relation avec la direction. La fameuse réunion nocturne au Koweït, convoquée après une défaite à Nantes, cristallise le malaise. Benatia hausse le ton, Roberto De Zerbi refuse d’y assister, Pablo Longoria reste en retrait. Plus récemment, après Bruges, De Zerbi se replie, coupe le contact et rompt brutalement avec certains joueurs clés. Le sentiment d’un club fragmenté s’installe.
Greenwood n’explique pas tout, mais son cas semble avoir servi de détonateur. En laissant s’installer une première rupture sans réponse collective claire, l’OM a peut-être ouvert une brèche devenue béante. Aujourd’hui, la crise dépasse un joueur, mais la question demeure : en n’éteignant pas l’incendie à temps, Marseille n’a-t-il pas laissé le feu se propager ?

