Maroc : De la gloire à l’isolement, le calvaire de Brahim Diaz
Le rêve a viré au cauchemar en une fraction de seconde. Alors que le Maroc tenait l’occasion de briser la malédiction de 1976 face au Sénégal en finale de la CAN 2025, Brahim Diaz a commis l’irréparable. Au bout du temps additionnel, après une interminable interruption de 17 minutes liée au VAR, le meneur de jeu madrilène a tenté une panenka audacieuse mais terriblement manquée face à Édouard Mendy. Ce geste, perçu comme de la désinvolture à un moment crucial, n’a pas seulement coûté le titre aux Lions de l’Atlas, battus en prolongation ; il a brisé le lien sacré entre la star et son équipe.
Brahim Diaz, une solitude assourdissante
Dans l’intimité du vestiaire, la fracture est béante. Si Diaz a présenté ses excuses en larmes devant le groupe, celles-ci se sont heurtées à un mur de glace. Selon plusieurs sources, la stupéfaction a laissé place à une colère froide chez les cadres et les dirigeants, incapables de pardonner ce qu’ils considèrent comme un manque de sérieux professionnel. L’image du joueur effondré sur le banc, consolé par le président de la FIFA Gianni Infantino plutôt que par ses pairs, illustrait déjà ce terrible isolement.
Le silence de ses partenaires est peut-être le coup le plus rude. Sur les réseaux sociaux, alors que Brahim publiait un message déchirant avouant que « son âme lui fait mal », le soutien public de ses coéquipiers a été quasi inexistant, à l’exception notable de Yassine Bounou. Devenu un véritable « paria » aux yeux d’une partie de l’opinion publique et du vestiaire, le numéro 10 subit une vague de haine sans précédent. Cette absence de corps défensif autour de lui confirme qu’il est désormais seul face à la tempête.
Un avenir en pointillé
Les heures sont sombres pour le joueur du Real Madrid, qui traverse la pire épreuve de sa carrière. Il a lui-même confié que « cette blessure ne guérira pas facilement », conscient que son statut a basculé de héros potentiel à bouc émissaire national. Critiqué violemment par des observateurs comme Jérôme Rothen qui a qualifié son geste de « scandaleux », Diaz doit maintenant puiser dans des ressources mentales insoupçonnées pour ne pas sombrer.
La route vers la rédemption s’annonce longue et sinueuse. Pour Brahim Diaz, il ne s’agira pas seulement de retrouver son niveau de jeu, mais de reconquérir une confiance perdue, presque atomisée, au sein de la tanière. Si le talent ne disparaît pas, la fracture émotionnelle avec le Maroc et ses coéquipiers pourrait laisser des cicatrices indélébiles. Il faudra être très fort pour se relever d’un tel échec collectif dont il porte, bien malgré lui, l’unique responsabilité aux yeux de tous.

