CAN 2025 : L’homme mystère qui sauve le Nigeria
À deux jours du quart de finale contre l’Algérie, le Nigeria continue de vivre une préparation sous tension. Si les rumeurs de forfait ont perdu de leur intensité, la question des primes reste entière. Les autorités nigérianes ont clarifié la situation : les indemnités logistiques ont bien été réglées en espèces, mais les primes de victoire cumulées sur quatre matches n’ont toujours pas été versées aux joueurs. Une zone grise qui a menacé l’équilibre du groupe à un moment clé du tournoi.
Wilfred Ndidi, capitaine et garant
Selon les instances fédérales, les fonds destinés aux primes ont été validés et transmis via la Banque centrale du Nigeria. Les virements doivent parvenir aux joueurs « à partir d’aujourd’hui (hier, ndlr) ». Mais sur le terrain, aucun membre de l’effectif n’a confirmé avoir reçu le moindre paiement. Cette absence de preuve concrète entretient la méfiance, dans un contexte où les Super Eagles traînent de lourds antécédents de promesses non tenues.
La communication officielle se veut rassurante, mais elle arrive tard. À 48 heures d’un quart de finale de CAN, chaque incertitude devient un facteur de perturbation. Et si l’hypothèse d’un boycott semble désormais écartée, la distraction, elle, demeure bien réelle.
Le geste fort du capitaine pour éteindre l’incendie
C’est dans ce climat qu’un acte rare a émergé. Le capitaine nigérian, Wilfred Ndidi, est intervenu auprès de ses coéquipiers pour tenter de désamorcer la crise. Selon plusieurs sources concordantes, le milieu de terrain a pris la parole pour appeler au calme… et aller plus loin. Il se serait engagé personnellement à avancer les primes dues si, d’ici samedi, l’État nigérian et les instances fédérales ne tenaient pas leurs engagements.
Un geste aussi symbolique que révélateur. Il souligne à la fois le vide de confiance envers les structures et le sens des responsabilités d’un leader conscient de l’enjeu sportif immédiat.
Quand la solidarité masque les failles institutionnelles
Cette promesse individuelle ne règle pas le problème de fond. Elle le contourne. Voir un joueur se porter garant financièrement d’un engagement fédéral expose les limites d’une gouvernance encore fragile. La crise n’est plus seulement économique, elle est structurelle.
Le message transmis en interne est clair : le véritable danger n’est ni la presse ni l’adversaire, mais cette incertitude financière persistante. À la veille d’un choc face à l’Algérie, le Nigeria avance désormais avec un fragile équilibre retrouvé, porté davantage par la cohésion du vestiaire que par la solidité de ses institutions. Reste à savoir si ce sursaut suffira, sur le terrain, à effacer les turbulences des derniers jours.

