CAN 2025 : Le Nigeria vers un forfait contre l’Algérie ?
À trois jours d’un quart de finale très attendu face à l’Algérie, le Nigeria traverse une zone de fortes turbulences. En cause : des primes de victoire toujours impayées après un parcours pourtant impeccable jusque-là. Selon le journaliste de la BBC Oluwashina Okeleji, les Super Eagles ont menacé de boycotter l’entraînement, voire le déplacement vers Marrakech. L’hypothèse d’un forfait, aussi extrême soit-elle, évoque un précédent lourd de sens dans l’histoire du football africain : la CAN 1996, que le Nigeria avait effectivement boycottée.
Crise interne au Nigeria avant le quart de finale face à l’Algérie
Le parallèle avec 1996 a de quoi faire frémir la CAF et les supporters algériens. À l’époque, le Nigeria avait mis sa menace à exécution pour des raisons politiques et financières, provoquant un séisme continental. Mais cette fois, la situation reste différente. À ce stade, aucun communiqué officiel n’évoque un retrait de la compétition, et l’idée d’un forfait contre l’Algérie demeure, en interne, un moyen de pression plus qu’un scénario acté. Les joueurs réclament avant tout le respect d’engagements financiers promis, pas une sortie par la petite porte.
D’autant que sportivement, les Super Eagles sont lancés. Invaincus en phase de groupes, impressionnants en huitièmes, ils nourrissent de grandes ambitions continentales. Sacrifier un quart de finale face à une autre sélection invaincue irait à l’encontre de leurs intérêts sportifs… et de leur crédibilité internationale.
Cette tension ne surgit pas de nulle part. Le Nigeria traîne un passif lourd en matière de primes impayées, certaines remontant à 2019. Le timing n’est jamais innocent : ces crises éclatent presque systématiquement à l’approche des matchs couperets, lorsque la pression médiatique est maximale. Le cas nigérian n’est d’ailleurs pas isolé. Le Ghana en 2014, le Cameroun en 2019 ou encore la Gambie récemment ont vécu des épisodes similaires, souvent réglés in extremis par une intervention étatique.
Un forfait reste très improbable
Dans le cas présent, une médiation est déjà engagée, avec une intervention de la Banque centrale nigériane pour acheminer les paiements. L’expérience montre que, jusqu’ici, ces bras de fer se concluent par un compromis de dernière minute. Un forfait aurait des conséquences sportives, financières et disciplinaires majeures pour le Nigeria, difficilement compatibles avec les ambitions affichées.
Le danger, réel, est ailleurs : une préparation parasitée, un groupe fragilisé mentalement et un choc face à l’Algérie abordé dans un climat délétère. Plus qu’un forfait, c’est ce désordre interne qui pourrait peser sur le terrain. Le reste relèvera, comme souvent à la CAN, d’un dénouement de dernière heure.

