Tensions et gestion chaotique : les coulisses inquiétantes du mercato rennais
Alors que le Stade Rennais pointe à une honorable 6e place en Ligue 1 et surfe sur une dynamique positive, l’ouverture du marché des transferts vient révéler les fissures d’une stratégie sportive de plus en plus illisible. Le club breton, réputé pour sa capacité à valoriser ses pépites, semble cette fois s’être pris les pieds dans le tapis avec sa politique de prêts massifs. Parmi la dizaine de joueurs dispersés aux quatre coins de l’Europe, un cas particulier cristallise toutes les inquiétudes et symbolise à lui seul les errements de la direction actuelle, prête à sacrifier un investissement majeur après seulement quelques mois.
La politique des prêts de Rennes vire au fiasco
L’identité de ce « joyau » en perdition est désormais connue : il s’agit de Carlos Andres Gomez. Arrivé l’été dernier en provenance de MLS contre un chèque de 10,5 millions d’euros, l’ailier colombien devait incarner le futur de l’attaque rennaise. La réalité est tout autre. Après des débuts fantomatiques et un prêt express au Vasco da Gama, le joueur de 23 ans se dirige tout droit vers un transfert définitif au Brésil. Une clause d’achat automatique, activable sous des conditions jugées très accessibles, risque de sceller son départ sans que Rennes ne puisse s’y opposer, entérinant une perte financière sèche et un fiasco sportif retentissant.
Le cas Gomez n’est malheureusement pas isolé. Il s’inscrit dans un panorama inquiétant où s’accumulent les échecs, comme celui d’Albert Gronbaek. Recruté pour 15 millions d’euros, le Danois erre de prêt en prêt, de Southampton au Genoa, sans jamais convaincre. Avec seulement six minutes de jeu en Serie A cette saison, il est devenu indésirable en Italie, obligeant Rennes à lui trouver une nouvelle porte de sortie en urgence. Ces trajectoires brisées mettent en lumière une politique de recrutement dispendieuse suivie d’une gestion de l’actif humain calamiteuse.
La guerre des chefs en toile de fond
Ces dysfonctionnements ne sont pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d’une instabilité institutionnelle chronique. En coulisses, la guerre froide entre le président Arnaud Pouille et l’entraîneur Habib Beye paralyse la vision à long terme du club. Malgré les résultats sportifs, cette bicéphalie décisionnelle crée un flou artistique où les joueurs deviennent des variables d’ajustement, ballottés au gré des luttes d’influence internes.
L’hiver s’annonce donc bouillant en Bretagne. Entre la nécessité d’exfiltrer les « indésirables » comme Gomez ou Gronbaek pour limiter la casse financière, et la gestion des tensions au sommet de l’organigramme, le Stade Rennais joue une partie serrée. Brader ses talents pour corriger des erreurs de casting récentes ressemble à un aveu d’échec cuisant pour un club qui ambitionne pourtant de retrouver les sommets européens de manière durable.

