Gyökeres à Arsenal : le rêve qui vire déjà au cauchemar ?
Il pensait avoir fait le plus dur. Forcer son départ du Sporting, sécher l’entraînement, tout ça pour réaliser son rêve : signer à Arsenal. Viktor Gyökeres est arrivé à Londres avec une valise pleine de buts (97 en 102 matchs au Portugal) et l’étiquette du sauveur, celui qui allait enfin résoudre le problème de l’attaquant de pointe. Mais le Suédois est en train de découvrir, de la plus brutale des manières, la différence entre le championnat portugais et la marmite bouillante d’un top club de Premier League. Ses premières sorties en amical ont été timides. La réaction des supporters, elle, a été tout le contraire.
Deux matchs, 16 ballons touchés, et une avalanche de critiques
Le bilan comptable est famélique et fait froid dans le dos. Une poignée de minutes contre Tottenham pour deux petits ballons touchés. Une titularisation de 62 minutes face à Villarreal pour 14 ballons et deux tirs. C’est tout. Pour une recrue à plus de 70 millions d’euros, c’est peu. Trop peu pour des fans qui n’ont pas la patience d’attendre. Sur les réseaux sociaux, le procès a déjà eu lieu. « Panic buy », « ne correspond pas au style d’Arteta », « pas assez physique », les critiques pleuvent. Certains le comparent déjà au fiasco Nicolas Pépé, autre recrue hors de prix qui n’a jamais su s’imposer.
Le Suédois est devenu en l’espace de deux matchs la nouvelle tête de Turc des supporters. Un symbole des doutes qui entourent le mercato d’Arsenal. Le contraste est violent. Au Sporting, il était un dieu adulé. À Arsenal, il est un simple soldat qui doit faire ses preuves, et vite. On connaît la chanson. Le crédit d’une nouvelle recrue, même à ce prix, est proche de zéro.
Arteta défend Gyokeres, mais le mal est fait
Mikel Arteta a bien tenté de calmer le jeu. Le coach a parlé de fatigue, d’un manque de préparation, d’une équipe qui doit réapprendre à jouer avec un vrai numéro 9. « On a oublié qu’on avait un avant-centre », a-t-il même admis. Des paroles logiques, pleines de bon sens. Mais elles se heurtent à la réalité impitoyable du football moderne. La première impression est souvent celle qui reste. Et celle laissée par Gyökeres est pour l’instant très loin des attentes.
Ce n’est que de la pré-saison, bien sûr. Il serait ridicule de l’enterrer après moins de 90 minutes de jeu. Mais ce départ raté est un avertissement. Gyökeres vient de comprendre qu’à Arsenal, il n’aura aucun état de grâce. Chaque match, chaque ballon, chaque occasion manquée sera disséqué, jugé, commenté. Il voulait la pression d’un grand club, il est servi. La saison n’a même pas commencé, mais pour lui, le match le plus important a déjà débuté : celui pour conquérir le cœur, et surtout la patience, des supporters des Gunners.