Tour de France 2024 : quelles retombées économiques espérées dans le Cantal ?
Même si chiffrer les retombées économiques immédiates du passage du Tour de France est difficile pour le département et les villes traversées (selon l’organisateur de la Grande Boucle, Amaury sport organisation, entre trois et dix euros sont récoltés pour chaque euro investi par une collectivité locale, NDLR), tous les interlocuteurs interrogés affirment qu’il s’agit d’une chance énorme.
Le troisième plus grand événement sportif de la planèteSi pour les collectivités, accueillir le troisième plus grand événement sportif de la planète, après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques, représente un investissement important (130.000 euros pour une ville d’arrivée, 90.000 euros pour un départ), « les retombées économiques sont à la hauteur », estime Thierry Perbet, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Cantal. L’hôtellerie-restauration est le principal secteur à tirer profit du passage du Tour et de sa célèbre caravane.
« Les commerces de bouche et l’hébergement vont très bien travailler, rien qu’avec l’hébergement des équipes cyclistes, des médias et de la caravane publicitaire. On l’a constaté en 2016, notamment, où le Tour était déjà arrivé au Lioran et reparti d’Arpajon-sur-Cère, le lendemain. Et puis ça va nous permettre de bien lancer la saison, le début du mois de juillet est généralement un peu mou. »
Quel impact économique sur le long terme ?Mais c’est l’après qui va compter. Une centaine de télévisions vont retransmettre les images du Cantal dans le monde entier. « Le jour de l’étape, le Cantal est filmé sous son plus beau visage, et souvent cela déclenche des envies : “Tiens, c’est vert, c’est beau, il y a la montagne” », explique Sylvie Ganry, directrice de l’office de tourisme du Pays de Salers. « Normalement », précise-t-elle, en souriant, car lors du passage du Tour en 2016, une panne d’hélicoptères avait privé les téléspectateurs d’images aériennes du Lioran… Pour savoir si cela a un impact économique sur le long terme, il faudra voir au moment du versement de la taxe de séjour des hôteliers, et là, on pourra dire si le Tour a généré des nuitées supplémentaires ou pas. S’il « fera le plein sur une nuit grâce aux équipes cyclistes », Jérôme Lavergne, propriétaire d’hôtels entre Aurillac et le Lioran, note aussi que « de belles images du Cantal diffusées à la télé incitent les gens à venir ».
« Nos collègues du Puy-de-Dôme et de l’Allier ont particulièrement bien travaillé l’été dernier. Des touristes venaient après le Tour parce qu’ils avaient vu l’Auvergne à la télévision. J’espère que cela sera le cas pour nous aussi. »
« La meilleure promotion que l’on puisse faire pour la destination Cantal »Un constat partagé par José Caumon, président de Clévacances, qui compte plus de 260 hébergements touristiques dans le Cantal. « Le passage de la caravane et des coureurs va drainer une affluence de touristes dans nos gîtes et chambres d’hôtes sur une période intéressante pour nos hébergeurs. Traditionnellement, les deux premières semaines de juillet ne sont pas toujours évidentes à louer. Et par ailleurs, les reportages sur la région, diffusés pendant le passage du Tour, valorisent notre destination et, de ce fait, génèrent des demandes spontanées de locations. »
« C’est un événement mondial. Rien que ça, ça nous assure des retombées économiques. Ce que nous souhaitons, c’est que les personnes qui ont vu le Cantal à la télé ou celles venues sur le bord de la route le jour de l’étape aient envie de revenir plus tard à la station du Lioran. »
Si les retombées économiques sont peu quantifiables, elles restent conséquentes niveau image. Et le passage de cette épreuve, qui plus est avec une arrivée au Lioran, reste « en termes de notoriété, la meilleure promotion que l’on puisse faire pour la destination Cantal », rappelle d’ailleurs à l’envi, Bruno Faure, le président (LR) du Département.
Emmanuel Tremet

