Tour de France : l'œil de Pierre Rolland sur les deux ascensions cantaliennes aux pourcentages monstrueux
Dans le Massif central, il n’y a pas de col de 20 km à 7 % de moyenne, dans lesquels les cyclistes professionnels ou amateurs ferraillent pendant des heures. Mais, les montagnes du Cantal abritent deux petits monstres, plus courts, mais aux pourcentages redoutables. Ils se dresseront sur la route du peloton lors de l’étape du Tour de France en direction du Lioran. Le pas de Peyrol et son mur de deux kilomètres à 12 % et le col du Pertus, avec ses 4,5 km à 8,5 % et ses longs passages au-dessus des 10 %.
« On ne s’attend pas à avoir des ascensions aussi difficiles dans le Massif central », avoue Pierre Rolland. Le grimpeur français avait pris l’habitude, pendant sa carrière, de se frotter à ces deux cols en course (11e en 2016, 5e en 2020) et à l’entraînement puisqu’il possède une résidence dans le Sancy.
Le pas de Peyrol, c’est très difficile. Les derniers kilomètres, c’est infernal, il n’y a aucun répit. C’est atypique, il n’y a pas beaucoup d’ascensions qui lui ressemblent. Le Pertus, c’est une ascension différente, sur une plus petite route. En juillet, il peut faire très chaud. C’est étouffant avec les forts pourcentages.
Des pentes excessives qui font la particularité de ces ascensions. « Les meilleurs grimpeurs s’adaptent à tout, mais là, on va quand même plus penser à Pogacar avec son punch ou à Roglic qui aime surgir au dernier moment. Un pur grimpeur va plutôt préférer les cols des Alpes ou des Pyrénées. Un puncheur peut aussi très bien s’en sortir pour la victoire d’étape. »
Le Tour de France dans le Cantal, une histoire déjà riche et encore à écrire
Possible de faire des écarts mais...Le double vainqueur d’étape sur le Tour de France anticipe déjà une double course ce jour-là, entre échappées pour l’étape et entre favori pour le général. « Il y a moyen de faire des écarts, même s’il n’y aura jamais deux minutes sur une montée. Avec de tels pourcentages, l’aspiration joue peu, donc il y a peu de stratégie. » C’est un combat contre soi, contre la pente.
De quoi voir les grands favoris batailler ? Pierre Rolland a des doutes : « Pour le général, c’est compliqué. Si certains coureurs veulent se replacer, ils peuvent durcir collectivement dans le pas de Peyrol et attaquer dans le Pertus, mais le problème, c'est la vallée montante pour aller au Lioran. C’est une grande route, c’est difficile d’être seul. À moins d’avoir des équipiers devant pour faire le boulot. » Et qu’il leur en reste dans les jambes après 200 kilomètres de course pour faire cet ultime effort.
Mathieu Brosseau

