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Le patron du Tour de France le promet : "L'étape du Lioran sera l'une des plus dures" de l'édition 2024

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Le Cantal respire le cyclisme. Il sera gâté pour cette 111e édition avec deux jours sur son territoire. "Depuis une dizaine d’années, on souhaite prouver que la montagne ne se limite pas seulement aux Alpes et aux Pyrénées. Il y a des étapes sportivement très intéressantes et très sélectives dans les Vosges, le Jura et évidemment dans le Massif central. La montagne, ce ne sont pas que les très grands cols. Aujourd’hui, ce qui fait vraiment la différence entre les champions, ce sont les pentes raides. Dans le Cantal, on ne monte pas aussi haut que les Alpes ou les Pyrénées mais, en revanche, on peut avoir ces pentes raides. L’étape du Lioran sera l’une des plus dures du Tour de France 2024 même si elle ne monte pas à plus de 2.000 mètres. Ce sera l’un des plus forts dénivelés (4.350 m) et l’une des étapes les plus longues (211 km). Les pentes de l’étape du Lioran offrent à 50, 40 ou 20 km de l’arrivée, de vraies rampes de lancement, presque des pistes d’envol pour permettre aux meilleurs du peloton d’attaquer de loin. Ce sera une étape de montagne pour les grands coureurs du Tour, pour les favoris du classement général.

Comment jugez-vous cette étape avec l’enchaînement du col de Néronne, du puy Mary, du Pertus et un final au Lioran ? Ce sera quelque chose d’unique ? Comme disent les anciens coureurs, ça va être un chantier ! Sur ces routes sinueuses, si vous avez 20 secondes d’avance, le peloton ne vous verra pas. Ça tourne à droite, ça tourne à gauche, ça monte, ça descend, ça ne s’arrête jamais… Les 50 derniers kilomètres sont très rudes avec des pentes très raides, c’est vraiment une étape pour les costauds qui arrivera à mi-Tour, après la première journée de repos. C’est une étape pour un coup de folie. Elle peut convenir à Mathieu van der Poel ou Wout van Aert. C’est un Liège-Bastone-Liège avec les pourcentages de ce monument du cyclisme et des ascensions plus longues. Les pentes redoutables de Néronne, du puy Mary et du Pertus font que les meilleurs coureurs du monde de classiques et de grands Tours pourront s’exprimer. Les équipes auront beaucoup de mal à contrôler, c’est pour cela que je parle d’une étape coup de folie.Avec de gros pourcentages dans le Cantal, on pourra s’attendre à un changement de maillot jaune au soir de cette étape ? Il y aura une demi-douzaine d’ascensions répertoriées sur cette étape avec un final extrêmement rude. On peut s’attendre à de vrais bouleversements au classement général. Les adversaires de Vingegaard, qui le savent supérieur en très haute montagne, seraient bien inspirés de flécher cette étape pour tenter de le battre. Cette étape s’intercalera entre deux étapes de plaine, les favoris du Tour auront tout loisir de tout donner.

La magnifique chevauchée de Avermaet

Dans votre carrière de patron du Tour, quelle étape de la Grande Boucle vous a le plus marqué dans le Cantal ? Deux souvenirs me reviennent et c’est assez paradoxal. Celui du puy Mary en 2020, mais j’étais dans mon canapé puisque j’avais été contrôlé positif au Covid que je n’avais pas puisque je l’ai eu quelques semaines plus tard. J’ai vu cette étape à l’ancienne, dans mon canapé, comme le commentateur que j’étais autrefois, comme des millions de téléspectateurs. Après, c’est forcément la voiture qui percute les échappés lors de l’étape Issoire - Saint-Flour et fait tomber les cyclistes Flecha et Hoogerland en 2011. J’ai naturellement en tête la magnifique chevauchée de Greg Van Avermaet qui prend le maillot jaune au Lioran en 2016 et sera champion olympique quelques semaines plus tard.

Le Tour est une parenthèse heureuse en juillet. Quelle est la force de la Grande Boucle ? On a tous en nous quelque chose du Tour de France. Un souvenir avec ses parents, ses grands-parents, ses cousins, des amis, au bord de la route, devant la télé… Le Tour, c’est la plus grande course cycliste du monde mais c’est plus que du sport. C’est une épreuve qui met en valeur nos régions, notre patrimoine, notre terroir, ce qui induit un très fort sentiment de fierté qui, pour moi, est un élément capital.Vous avez une affection particulière pour le département. C’est quoi le Cantal de Christian Prudhomme ? C’est d’abord un village qui s’appelle Pailherols, c’est une famille, les Combourieu, qui est exceptionnelle. À l’origine, j’avais demandé à l’ancien sénateur-maire de Saint-Flour Pierre Jarlier de me conseiller deux endroits pour randonner avec ma femme, après le Tour : un premier où l’on n’est plus jamais allé, il n’était d’ailleurs pas dans le Cantal, et Pailherols. On y est allé pour la première fois à l’été 2006 avec ma femme et ma fille. Le buron de Bane, il est juste exceptionnel. On a été les premiers clients à y dormir. Il y a des habitants incroyablement humbles, simples et respectueux. Je me sens très bien dans ce département, j’ai tissé des liens forts avec le Cantal. Je suis un Parisien d’origine alsacienne, avec de la famille en Picardie, en ayant fait mes études à Lille, ma belle-famille vit dans l’ouest… C’est le Tour qui m’a fait découvrir le Cantal. Il ne s’est pas passé une année sans que j’y aille. On attendra combien d’années pour revoir le Tour dans le Cantal ? Il faut déjà profiter de l’été prochain. Le Cantal est régulièrement là pour le Tour et le Tour aime aller dans le Cantal. 

Pierre Raynaud

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