Gaël Geffroy (Montluçon Athlétisme) arrive en confiance aux Championnats du monde de para-athlétisme
La sérénité règne dans le clan Geffroy. "Tout va pour le mieux", assure même Gaël. Fini la pression et la panique à l’approche des grands rendez-vous. Les mauvais souvenirs des Jeux de Tokyo en 2021 (14e de la finale du 1.500 mètres en 4'15''52) sont bien loin dans le rétroviseur. L’athlète du Montluçon Athlétisme, atteint d’autisme, a l’esprit léger. Ce lundi, lors de la finale des Championnats du monde de para-athlétisme sur 1.500 mètres, dans la catégorie T20 (handicaps mentaux), il pourra s’appuyer sur une préparation optimale. Cette dernière est censée le porter parmi les quatre premiers, ce qui serait synonyme de qualification paralympique pour Paris 2024.
Stage en hypoxieLa préparation s'est accélérée le 13 juin, peu de temps après la fin des Global Games (compétition internationale de sport adapté qui s’est tenue du 4 au 10 juin) avec un stage de préparation en conditions d’hypoxie (niveau d’oxygène réduit) au CREPS de Vichy, afin d’augmenter le volume de globules rouges dans le sang du Bourbonnais. Il n’a pas tardé à porter ses fruits puisque Gaël Geffroy a battu son propre record de France du 1.500 mètres T20 le 5 juillet en 3’55’’56 à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. "C’est normal, à la sortie d’un stage comme celui-ci, il y a un pic de forme, explique son entraîneur, Christian Laforest. Mais un deuxième pic, encore plus haut, est prévu pour le jour de la compétition."
"Aux Global Games il m'a impressionné dans sa façon de courir"
Au-delà de sa condition physique, qu’il a affinée au CREPS de Reims avec une partie de l’équipe de France ces derniers jours, Gaël Geffroy s’avancera au Stade Charléty avec de l’expérience au niveau international, accumulée depuis Tokyo. Il a progressé dans la gestion de ses courses et connaît désormais parfaitement les caractéristiques de ses adversaires étrangers. "Aux Global Games il m’a impressionné dans sa façon de courir, d’attaquer, de contrer. Je ne l’avais jamais vu faire ça", appuie Christian Laforest.
Il faudra rééditer cela à Paris demain, mais cette fois sans flancher dans la dernière ligne droite (Ndlr, il a terminé quatrième du 1.500 des Global Games). Le champion paralympique britannique Owen Miller et le lauréat de Rio 2016, l’Américain Michael Brannigan, paraissent au-dessus du lot mais la bagarre fera rage pour décrocher les deux tickets restants. "Ça se jouera à rien entre six concurrents", avance Christian Laforest. Gaël tentera le tout pour le tout au lendemain de ses 24 ans pour s’offrir un joli cadeau d’anniversaire.
Martin Lhôte

