Timothée Bommier (Clermont Auvergne Athlétisme), sur sa participation aux Championnats du monde de trail, en Thaïlande : « L’idée est de ne pas se brûler les ailes »
« Je me sens comme un cadet à l’aube de sa première sélection ». Timothée Bommier, 35 ans, n’est pas un novice. Le Clermontois aborde pourtant les championnats du monde de trail et de course en montagne, du 3 au 6 novembre à Chiang Mai (Thaïlande) avec beaucoup de sagesse.
L’un des cinq athlètes du Clermont Auvergne Athlétisme (CAA) sélectionnés avec l’équipe de France (voir plus bas) possède l’expérience du haut niveau. Seul bémol, sa reconversion au trail date seulement de deux ans, lui dont la course est prévue le 5 novembre (1 h 30, heure française).
Timothée, comment abordez-vous vos premiers mondiaux de trail ?
On est arrivé à Chiang Mai dix jours avant les courses. C’est sérieux d’être sur place aussi tôt pour digérer les six heures de décalage horaire, s’habituer aux conditions climatiques et reconnaître le parcours.
Votre sentiment justement sur le parcours ?
Pour moi, c’est un tracé sollicitant. Il fait 40 km avec près de 2.800 m de dénivelé positif. Il y a très peu de plat, c’est varié avec de la piste forestière roulante en descente et des singles plus techniques, deux grandes montées. Il faut rajouter la chaleur et surtout l’humidité qui est un paramètre à maîtriser le jour J et la grande interrogation. Il faudra bien s’hydrater, être encore plus vigilant sur l’alimentation. Il ne faudra pas partir trop vite. Comme je viens de la route et du cross, c’est un parcours difficile pour moi.
Quelles sont vos ambitions alors ?
Par rapport à mon titre de champion de France à Salers, il y a plus du double de dénivelé en Thaïlande. C’est un beau challenge pour moi de courir avec les meilleurs mondiaux. Il faudra partir prudemment. Je n’ai rien à envier aux autres dans les montées, mais entre être bien placé et jouer les premiers rôles, il faut aussi être réaliste. L’idée est de ne pas se brûler les ailes. J’ai un profil d’outsider en équipe de France et je veux servir le collectif pour le classement par équipes.
Cette notion de collectif est importante ?
J’ai la connaissance du haut niveau et de l’approche des évènements, mais je m’appuie beaucoup sur mes coéquipiers qui possèdent l’expérience du trail. J’apprends, j’analyse, je prends des conseils pour mettre toutes les chances de mon côté.
C’est comment de retrouver des coéquipiers du Clermont AA ?
C’est très sympa d’être cinq sélectionnés du club, de partager avec eux. On est dans un sport individuel et j’apprécie aussi de viser une performance collective qui nous motive et donne un peu plus de saveur à l’évènement.
La délégation française a rejoint Chiang-Mai jeudi dernier. Une équipe de trente-neuf athlètes dont cinq représentants du Clermont Auvergne Athlétisme (CAA). En plus de Timothée Bommier au départ du trail court hommes, Laure Paradan, championne de France à Salers, prendra le départ du trail long femmes. CLERMONT. Laure Paradan. Photo Jeremie Fulleringer
Trois jeunes porteront également le maillot de l’équipe de France en Thaïlande : Fannie Sapet et Pauline Trocellier lors de la course en montagne juniors filles, ainsi qu’Antonin Thérond sur la course en montagne juniors garçons.
Jean-François Nunez

