Le Clermontois Pierre-Charles Peuf dans la haute performance à la FFA
Comment avez-vous accueilli cette nomination ?
Pas vraiment comme une surprise, cela faisait un petit moment que je travaillais avec Romain Barras (directeur de la haute performance, ndlr), mais comme un honneur et avec beaucoup de fierté. Il s’agit d’une énorme promotion qui me rapproche des premiers cercles de décision. C’est aussi un challenge excitant et stressant avec Paris 2024 et l’après en ligne de mire.
Quelle est votre mission désormais ?
Mon rôle se situe à l’interface entre la direction et le terrain. Il ressemble au précédent mais sur un public plus spécifique autour de 2024-2028. Avant, on s’occupait des équipes de France jeunes de manière un peu autonome, moi les U23, Pierre Friteyre les U20 et Patrick Gellens les U18. Là, on recrée un pool avenir avec les responsables des équipes de France de catégories et les suivis jeunes transversaux (Ambition 2024, Potentiel 2028 et Horizon 2032). On va aussi coordonner l’action des responsables de spécialité sur les jeunes, affiner le pilotage des équipes de France, assurer le suivi individualisé, en l’occurrence pour moi celui des « top gun » jeunes de Ammirati à Zhoya.
Six jeunes sont identifiés très fort potentiel de niveau mondial : Rose Loga (marteau), Anthony Ammirati (perche), Jean-Baptiste Bruxelle (marteau), Erwan Konaté (longueur), Sasha Zhoya (110 m haies) et Jeff Erius (100 m).
Que doit-on entendre par « avenir » ?
Ce sont d’abord les moins de 25 ans capables de faire finalistes aux Jeux de Paris comme, en Auvergne, les Clermontois Alexis Phelut ou Yann Chaussinand et les perchistes du pôle France, Ammirati, Cormont, Thibaut Collet et Giallurachis.
Mais on travaille toujours sur deux olympiades, les athlètes qui seront à Paris et ceux qui rentreront à Los Angeles (2028). On est à cheval sur deux générations et celle qui arrive, les juniors-espoirs, est très forte.
Donc beaucoup de résultats en perspective ?
Sur ce sujet, je reste toujours prudent, le niveau mondial est parfois déstabilisant. Mais on a de belles générations qui arrivent et qui auront de belles choses à démontrer dans les années qui viennent. Je ne désespère pas qu’on perfe à Paris, car, comme en 2003, c’est chez nous et c’est un petit avantage sur lequel on travaille.
Avez-vous établi des prédictions pour les Jeux ?
En fait, comme le dit Romain Barras, on fera les comptes deux fois, avant et après. D’ici Paris, le temps est court, et ce qui est sûr, c'est qu’on va faire le maximum. Mon travail est de restructurer dans le fond et d’éviter à l’avenir des creux générationnels. Amener des bons jeunes à devenir des bons seniors, l’équation n’est pas évidente à résoudre.
Francis Laporte

