Ruben Gado (Clermont Athlé) : bien terminer La Réunion
Ce pourrait être le paradis. L’océan indien, la chaleur, la famille retrouvée... Et, au bout d’un stage en équipe de France à la maison, avant le meeting international où il trône sur l’affiche à côté de Kevin Mayer, peut-être, le ticket d’envol pour les Jeux... Mais dans ce bonheur frisant la complétude persistent une douleur et un doute.
Pour le natif de Saint-Denis de La Réunion, qui fêtera ses 27 ans chez lui dimanche, un tout autre retour assombrit le tableau. Apparu à l’entraînement, après la semaine de coupure qui suivait sa médaille d’argent aux France d’Aubagne. « Dès que j’ai remis de l’intensité, ça n’allait plus. La douleur est revenue, pas forcément sur le tibia gauche mais dans toute la zone ».
En début de semaine ça va et à la fin, j’ai mal.
Ruben Gado ne revit pas le début de fracture de fatigue de février. « Ce n’est pas comme la dernière fois, ce n’est pas localisé, c’est un peu musculaire et osseux ». Mais son mal est handicapant. « Oui, totalement. Ma jambe gauche est ma jambe d’impulsion. Je suis limité sur les intensités, notamment aux haies et en hauteur. Et pour les autres épreuves, en début de semaine ça va et à la fin, j’ai mal ».
Souffrir encore, être freiné à nouveau, dans le corps et la tête, éprouve l’athlète. Qui cherche la cause. Sans doute une erreur, « une mauvaise gestion de la charge d’entraînement. J’ai 10 ans de déca derrière moi et, en fait, je n’ai plus besoin de ce que je faisais avant ». Seulement il fallait faire face au calendrier, au meeting qualificatif pour Tokyo. « Je me suis calé pour ça, de manière classique, mais par rapport à mon état, il était un peu trop tôt ».
L’hiver en questionD’où cette imprécision sur la mire, les 18 et 19 décembre prochain au stade de SaintPaul. « Je suis un peu dans le flou. Je ne sais pas comment va réagir mon corps. Si je n’ai pas mal, je peux faire les minim a olymp iques à 8.350 points. Sinon je serai satisfait au niveau de mon record à plus de 8.000 pts (8.126, ndlr) ».
La suite le conduira au X Athletics (2324 janvier) « pour placer des choses sur certaines épreuves », mais pas forcément plus loin. « Je verrai après La Réunion si je fais un hiver ou pas. Je vais en discuter avec Aurélien (Préteseille, son coach). Je préfère concentrer toutes mes chances sur l’été, prendre mon temps quatre mois et bien faire les choses. Je suis plus performant quand je suis bien, d’un niveau supérieur à ce que je faisais précédemment »
Francis Laporte

