Athlétisme: deux scientifiques défendent Caster Semenya
Exclure la coureuse sud-africaine Caster Semenya des pistes d'athlétisme, car elle produit naturellement trop de testostérone serait aussi peu scientifique qu'interdire à un basketteur de jouer parce qu'il est trop grand, ont estimé ce jeudi 21 mars deux scientifiques dans la revue médicale BMJ. « Pour devenir un bon athlète, il faut bien plus qu'un haut niveau de testostérone, une grande taille ou de grands pieds, qui peuvent tous être considérés comme un avantage génétique », a déclaré à l'AFP l'une des deux signataires, Cara Tannenbaum, professeur de médecine et de pharmacie à l'université de Montréal (Canada). Elle cosigne une tribune dans la prestigieuse revue médicale britannique avant une décision très attendue du Tribunal arbitral du sport (TAS). Le TAS doit trancher d'ici le 26 mars un litige entre Caster Semenya et la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). La double championne olympique du 800 m conteste un règlement de l'IAAF, qui impose aux femmes « hyperandrogènes » de faire baisser, avec des médicaments, leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales du 400 m au mile (1609 m). L'IAAF estime que leur taux élevé de testostérone (hormone mâle aussi utilisée comme produit dopant) les avantage par rapport aux autres concurrentes. « Devenir un ou une athlète performant(e) nécessite des milliers d'heures d'entraînement, de la concentration, de la discipline, de l'équipement, et ce ne serait pas scientifique d'exclure un sportif ou une sportive sur la base d'un unique facteur génétique », argumente la Pr. Tannenbaum.

