Football, rugby, volley-ball ou ski... Des sections sportives 100 % gagnantes à Issoire (Puy-de-Dôme)
« J'ai fait 17.000 kilomètres pour jouer au volley à un bon niveau et affronter de nouvelles équipes. » À 16 ans, Imelda est arrivée de Nouvelle-Calédonie l’an dernier. Elle a intégré une des sections sportives du lycée Murat, à Issoire. « Et trois autres Kanaks ont fait comme moi. »
Il faut dire que les établissements scolaires de la cité Saint-Austremoine offrent des opportunités aux élèves, qui sont en même temps licenciés dans les clubs de la ville. Le collège Les Prés propose une section football et bientôt handball, le collège Verrière une option rugby et le lycée Murat encadre les volleyeuses, rugbymen et rugbywomen. Une offre conséquente et plutôt rare pour une ville moyenne, qui accueillent pas mal d’élèves venus de loin.
Une ville qui rayonneDeux élèves de la section rugby du lycée Murat, entourent leur entraîneur, Nicolas Badau.C’est le cas de Louis, inscrit en classe de première. Natif d’une petite ville « pas très loin de Nevers », il a eu écho de ce cursus grâce à son entraîneur nivernais.
Cette section a une bonne réputation dans le monde rugbystique. Et à mon niveau, l’USI évolue en National.
Une progression évidenteLe lycée Murat abrite aussi le pôle espoir ski Auvergne Massif Central. Les 13 étudiants, qui ont été sélectionnés au niveau régional pour l’intégrer, sont considérés comme des sportifs de haut niveau. « Il y a peu de places en France. Pour un skieur, c’est une chance en or », atteste Camille, en classe de terminale.De gauche à droite : Arthur, Augustin, Camille et Grégory Russias, entraîneur du pôle espoir ski. Et avec 4 heures de pratique hebdomadaires en plus au collège, et 2 heures quotidiennes au lycée, les élèves de ces sections progressent vite. « En arrivant, je n’avais aucune compétence technique. Aujourd’hui, je suis classée dans les 15 premiers nationaux de ma catégorie », poursuit la jeune Ardéchoise.
Des clubs qui rayonnentUne bonne nouvelle pour eux, mais aussi pour les clubs de la ville, qui n’hésitent pas à se charger eux-mêmes du recrutement pour rayonner davantage. C’est comme ça qu’Élena est arrivée à Issoire. « Jérôme Mialon [entraîneur de l’USI Volley, ndlr] est venu me chercher à Lyon, alors que je jouais un tournoi », raconte la jeune fille. Nathalie Christiaens, entraîneuse de volley, accompagnée d'Imelda et Elena.
Au-delà des excellents résultats sportifs de son équipe, c’est de ses progrès sur le plan humain dont elle est le plus fière.
On apprend à vivre ensemble à l’internat. Et dans une équipe, ce n’est pas tout d’être bon, il faut savoir progresser en groupe.
Lucas rebondit : « On gagne aussi en autonomie et en organisation. Pour le mental, c’est primordial. »
Prendre confiance en soiAu collège Les Prés, le souci de la performance est moins important, « même si on pousse les bons à donner le meilleur d’eux-mêmes », avoue la professeure d’EPS, Carole Trapet. L’objectif premier est plutôt de mettre les élèves en valeur et de leur donner l’opportunité de pratiquer un sport à plus grande intensité. « Le scolaire est la priorité, mais le plus souvent, les sportifs ont la tête et les jambes », remarque Yoann Cautier, le principal adjoint.52 élèves du collège Les Prés suivent la section football, dont 7 filles.
Pour Hugo, élève de troisième, la section football, est avant tout une chance de progresser. « On acquiert un réel esprit d’équipe et un meilleur mental en pratiquant plus souvent », rapporte celui qui aurait souhaité poursuivre cette option au lycée. « On espère que ce sera possible d’ici à la rentrée 2023. On y travaille avec le lycée Murat », confie l’éducateur de l’USI Football, Joao Ferreira.
Angèle Broquère

