Accidenté lors d'une sortie à vélo en 2000, Pierre Lapeyrie représentera le Limousin au triathlon le plus difficile du monde
Son mouvement de mains finissant par se rejoindre trahit la configuration des lieux puis le choc. C’était en 2000. "Sur un rond-point, tout simple", glisse-t-il. "J’étais à vélo, je me suis engagé sur le rond-point et la personne, au lieu de faire le tour, a coupé, comme si elle voulait passer au plus court, et m’a percuté de plein fouet", poursuit Pierre Lapeyrie, 29 ans à l’époque, 51 aujourd’hui. "Ça m’a mis un peu sur la touche…", euphémise encore le principal intéressé.
Passionné de triathlon depuis quelques années déjà – "je pratique depuis 1991, je fais un peu partie des anciens de la discipline", sourit-il –, le grand sportif est touché, blessé. "J’ai eu des problématiques au niveau de la colonne vertébrale, précise Pierre Lapeyrie. Je me suis retrouvé allongé pas mal de temps, il a fallu réapprendre à marcher, tout simplement. Le professeur qui m’a opéré m’avait dit : 'il faut accepter que la course à pied, le vélo, enfin tout ce que vous avez fait jusque-là, ça va être plus compliqué'. Il faut l’accepter, mais moi, je ne l’ai pas forcément accepté. Et je me suis rendu compte qu’avec le temps, avec la kiné, c’est revenu. Au bout d’une année, j’ai pu refaire du vélo, retrottiner. Et puis voilà. Après, c’est reparti. Je me suis réengagé là-dedans et je me suis rendu compte que je n’avais plus de limite. C’est des épreuves qui renforcent."
Des conditions extrêmesNatation, vélo, course à pied – dans l’ordre du triathlon –, le Corrézien d’origine, qui travaille désormais à Limoges, avale encore plus de kilomètres et a fait des épreuves longue distance sa spécialité depuis "une bonne dizaine d’années maintenant", résume-t-il en déroulant, tout en humilité, un petit bout de son palmarès qui suffit, déjà, à faire pâlir n’importe quel sportif : "J’ai fait trois fois les championnats de France longue distance, j’ai fini trois Ironman. Mais je n’ai pas un niveau Élite hein, j’essaye juste de me débrouiller parmi les amateurs (sourire)."
Et puis il y a bien sûr ce "défi sportif d’une vie" comme il le qualifie qui va bientôt venir étoffer la liste : le Norseman 2023, au mois d’août en Norvège. Le triathlon considéré comme le plus difficile du monde. Au programme, 3,8 km de natation, 180 km vélo et un marathon, 42,2 km, de course à pied pour finir (distances Ironman) dans des conditions parfois extrêmes : départ à 5 heures du matin, une eau entre 12 et 15°C dans un fjord, 3.360 mètres de dénivelé positif rien que sur la partie vélo, etc.
Sept ans que Pierre Lapeyrie attendait ça. Sept ans qu’il tentait sa chance au tirage au sort (350 participants venus du monde entier dont, cette année, une vingtaine de Français).
Alors forcément, quand les amis l’ont appelé pour lui dire qu’ils avaient vu son nom apparaître à l’écran, il n’y a d’abord pas cru. "J’ai regardé le replay du tirage au sort, et je me suis mis à pleurer", se souvient celui qui souhaiterait, en fonction des dons qu’il va récolter, pouvoir réaliser une donation à une association de lutte contre les violences routières. "Je me suis mis à pleurer, j’ai tout lâché."
Le défi d’une vie, le défi de sa vie.
Le suivre dans son aventure...Sur Facebook "Projet Norseman 2023". Contact par mail : pierre_lapeyrie_norseman2023@orange.fr.
Jean-Adrien Truchassou
Photo Thomas Jouhannaud

