Laurence Brize, une coach olympique pour les jeunes du Tir sportif brivadois
Laurence Brize a découvert le tir sportif "par hasard". À cette époque, elle a 10 ans. L’insouciance règne pour la jeune fille qui grandit dans une "famille de sportifs". Elle tente avec son frère ce sport qu’elle ne connaît pas et "j’ai accroché tout de suite". Ce côté "maîtrise de soi, la recherche de précision, la concentration", tout ça lui plaît.
Mais dans la vie, il faut faire des choix. Continuer le tir sportif à Beaulieu veut dire arrêter le ski, le karting et la natation. "Je l’ai fait sans regret. C’était un vrai choix", annonce-t-elle, des années plus tard.
Vingt-cinq ans à haut niveauRapidement, la Ponote gravit les échelons. Ligue Auvergne, détection, départ à Clichy, intégration de l’équipe de France cadets à 14 ans… Sa carrière s’annonce belle. Et longue. "Finalement, j’ai fait 25 ans de haut niveau." Elle a perduré dans ce milieu-là grâce à son "abnégation", son envie et son talent. "Au début, quand je commence, on ne me met pas dans la case des doués tout de suite", se souvient-elle.
Elle « adore » s’entraîner. Se voit évoluer. "Je travaillais comme une passionnée", reconnaît-elle. Déjà à 12 ans, Laurence Brize a la niaque. "J’avais un objectif : participer aux Jeux olympiques. Certains n’y croyaient pas." Elle leur aura donné tord quatre fois. Pour atteindre ce but, "j’ai fait beaucoup de concessions". Elle n’a pas une vie d’adolescente comme tout le monde. "Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi on est là."
Quatre participations aux Jeux olympiquesSon objectif a été plus qu’atteint. En 2004, 2008, 2012 et 2016, l’Altiligérienne aura représenté la France à Athènes, Pékin, Londres et Rio. Mais être au top niveau durant de nombreuses années ne veut pas dire que tout va bien. "Le sport de haut niveau, c’est une remise en question permanente. Il faut toujours tout retravailler, mettre de nouvelles choses en place, s’entraîner sept jours sur sept…"
Parfois pour la bonne cause. En 2004, lorsqu’elle s’envole pour ses premiers Jeux, Laurence Brize ne sait pas trop à quoi s’attendre. "On profite quand on est là-bas. Je me dis : “ça fait des années que tu en rêves, tu y es. Donne-toi les moyens d’y arriver.”" Elle côtoie des sportifs du monde entier, découvre "l’attente des politiques et médias" pour laquelle elle avait été "préparée par les entraîneurs". Sur la compétition, elle entre en finale et termine 7e. Grandiose.
Fin de carrière et transmissionLes années passent et, en 2018, c’est la fin. Elle arrête sa carrière. Ou plutôt, on lui fait comprendre qu’il faut stopper. "Je venais d’être sélectionnée pour les championnats du monde. J’espérais une qualification pour les Jeux de Tokyo." Les consignes du ministère des Sports lui arrivent aux oreilles : Paris 2024 approchant, il faut rajeunir les rangs.
Elle range sa carabine. "J’ai la chance d’être entourée par des gens qui ne sont pas du milieu." Elle garde la tête hors de l’eau quand d’autres sombrent. "Mon bébé m’a beaucoup aidée. Je me suis investie dans l’éducation de mon fils." La cara, elle ne la touchera plus. "Pourquoi continuer à tirer ?", questionne-t-elle. Elle n’a plus d’objectifs. Plus de médailles à aller chercher. Mais elle a toutefois son talent et sa passion à transmettre. On retrouve souvent Laurence Brize à proximité d’un stand de tir. Le comité de la Haute-Loire l’a embauchée, elle gère le collectif Auvergne, entraîne de nombreux jeunes.
Parmi eux, des Brivadois scolarisés à Saint-Julien, élèves de la classe tir sportif, lancée cette année. Ces licenciés ou non au Tir Sportif Brivadois bénéficient de son expertise lors d’entraînements et de compétitions UNSS. Ils découvrent, s’améliorent, s’élèvent. Histoire de passer la main et de former, qui sait, de futurs olympiens.
Maryne Le Goff

