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Globe40. Victoire de Crédit Mutuel au Brésil

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Après 25 jours et 5 heures de mer, 5 898 milles parcourus à 9,7 nœuds de moyenne, le Class40 CREDIT MUTUEL est arrivé premier à Recife, vainqueur de l’étape 5 de la GLOBE40. Il devance l’équipe Belgium Ocean Racing. Les deux équipes sont désormais à égalité au classement général avant la dernière étape et le retour à Lorient.

Après un magnifique départ de la baie de Valparaíso, on s’attendait à une nouvelle explication entre les deux leaders du classement : BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM (en tête de 2 points au classement général), de Jonas Gerckens et Corentin Douguet, et CREDIT MUTUEL, de Ian Lipinski et Antoine Carpentier.
Une équipe fraîche embarquait pour l’étape sur le bateau belge et, du côté français, Ian Lipinski reprenait la barre avec Antoine Carpentier, parti de Sydney.

Confrontée à des conditions difficiles dès le départ de l’étape, avec une trentaine de nœuds de vent de face et une mer formée, la flotte des Class40 subissait une navigation particulièrement éprouvante.

Après quelques jours de ce traitement, le 23 février, l’équipe belge annonçait des avaries importantes (avarie du chariot de rail de grand-voile et de la drisse de J1) et décidait de rallier le port chilien de Valdivia, à 1 000 km au sud de Valparaíso. Un « pit-stop » très court puisque, cinq heures à peine après avoir accosté, le Class40 reprenait la mer après une intervention très efficace de son équipe technique (Albane et Pierre) et, comme toujours, un superbe accueil des Chiliens locaux.

Mais pendant ce temps-là, CREDIT MUTUEL profitait d’une météo très favorable et partait « devant », laissant à la fois les Class40 classiques « pointus » dans une zone de calme et l’équipe belge à la peine pour revenir sur sa route initiale.

Le baptême cap-hornier de la GLOBE40 (2e édition)

Le 26 février, CREDIT MUTUEL s’annonçait au Cap Horn avec près de 600 milles d’avance, dans des conditions pour une fois clémentes dans cette zone également mythique. Deux cap-horniers de plus : une expérience inoubliable pour chacun, une étape majeure dans une carrière de coureur au large et un accomplissement personnel.

Les 28 février et 1er mars, c’est en rafale et en douze heures que les six autres Class40 passaient le Cap Horn. Une première expérience pour la plupart, à l’exception de Mélodie Schaffer et Paul Stratford (WHISKEY JACK) ainsi que Rupert Holmes (JANGADA RACING).

Mais après le passage du Horn, les choses s’annonçaient de manière très différente. Quelques jours plus tard, au nord des îles Falklands, une violente dépression venue de la cordillère des Andes s’abattait sur les équipages. Puis s’ensuivaient, pendant pratiquement deux semaines, une succession complexe de zones sans vent, une météo quasi imprévisible et la recherche permanente d’un souffle d’air, avec l’éternel choix entre longer la côte ou partir au large.

Quelle fut longue et difficile cette remontée de l’Atlantique Sud ! D’autant que, plus l’on remontait, plus la chaleur revenait, jusqu’à devenir étouffante après le passage de Cabo Frio.

Une remontada inachevée et les duellistes vers une explication finale

« Remontada » est bien le terme approprié quand on sait que l’avance maximale de 612 milles de CREDIT MUTUEL au Cap Horn sur BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM s’est transformée, le 11 mars au classement de 06 h 00, en… 12 milles.

Météo favorable et talent des skippers : les proportions respectives ne sont pas connues scientifiquement, mais quelle aventure !

Cette remontée butait finalement une nuit sur un filet de pêche lors de la remontée le long des côtes de l’État du Pernambuco. Une baignade imprévue d’une heure, un vent faiblissant… et un team français qui s’envolait à nouveau avec un matelas d’une cinquantaine de milles que les deux skippers ont su préserver.

Pendant ce temps, les « pointus » restaient très proches, en une centaine de milles, choisissant une option plus au large. FREE DOM prenait la main, avec une avarie de bout-dehors sur BARCO BRASIL qui l’handicapait plusieurs jours. WILSON, toujours excellent, s’enhardissait pour jouer le podium, voire la tête des « pointus », tandis que JANGADA RACING et WHISKEY JACK restaient plus proches que jamais, prêts à saisir toutes les opportunités dans ce groupe.

Celui-ci remonte lentement au près dans un vent faible, pour une arrivée groupée attendue dans les journées des 18 et 19 mars au matin.

Ian Lipinski, skipper du Class409 Crédit Mutuel : « Nous sommes contents ! Ça fait plaisir de gagner une étape de plus, ça nous permet de revenir à égalité comptablement après l’arrivée à la Réunion qui nous a coûté cher, puisqu’il a fallu ne pas perdre pendant trois manches pour revenir à hauteur de Belgium Ocean Racing – Curium. Au final, il n’y a qu’une étape que nous n’avons pas gagnée à ce jour entre Mindelo et La Réunion, créditée d’un coefficient de 3, en concédant seulement 10 minutes au duo belge à l’arrivée. Tout va se jouer lors de la dernière étape qui mènera à Lorient. Depuis l’arrivée à la Réunion, nous avons la pression, mais lors de cette étape décisive, nous ne serons pas les seuls à la ressentir.

On savait que la fiabilité du bateau était un paramètre important dans ce tour du monde : on peut dire que Pic (Sébastien Picault, directeur technique du projet) et Camille (Seasseau, préparatrice) ont fait du super boulot ! À deux-trois détails près, on pourrait repartir tout de suite sur l’étape d’après tant le bateau a bien résisté. Les premières étapes avaient demandé beaucoup de travail à l’équipe technique, mais ce n’est plus le cas désormais : le bateau commence à être bien rôdé !

Cette étape a été complète : on a rencontré plein de conditions différentes, et elle a été assez longue. Stratégiquement et tactiquement, elle a été riche pour nous et éprouvante parce que nous avons beaucoup tapé au près dans la mer, ce qui est désagréable, mais pas périlleux. Elle a aussi été extrêmement stressante parce que le bateau belge a bien failli revenir sur nous. Lorsqu’il s’est arrêté, nous, nous profitions de conditions très favorables ; il aurait été possible qu’on ne les revoie jamais… mais la réussite a changé de camp. À plusieurs reprises, la météo s’est mise en travers de notre route. Comme prévu, Jonas Gerckens et Corentin Douguet sont revenus à 15 milles en distance au but, puis il y a une période qui a ressemblé à un nouveau départ, où deux événements se sont cumulés : nous sommes repartis avec un tout petit avantage tandis qu’eux se prenaient une ligne de pêche, qui les a freinés une heure à un moment important de ce nouveau départ. Ainsi, le petit avantage de 30 milles est devenu confortable parce qu’il était solide… contrairement aux 300 milles qui nous ont séparés un moment ».

Antoine Carpentier, co-skipper du Class40 Crédit Mutuel : « C’est une demi-performance parce qu’il n’y a pas vraiment eu de combat puisque Belgium Ocean Racing – Curium s’est arrêté dès le premier jour. Ils sont revenus fort, mais pas à portée de fusil. On reste un peu sur notre faim parce qu’il n’y a pas eu un combat comme ceux qu’on a connus dans les étapes précédentes. Mais nous avons su avoir les nerfs solides, pour accepter qu’ils reviennent de 600 à 15 milles… 15 milles qui en valaient au moins 30 parce qu’ils avaient à faire un empannage qui leur aurait fait perdre beaucoup de route pour aller sur l’arrivée. La performance, c’est qu’on arrive à Recife avec un bateau en bon état apparent, ce qui faisait partie des objectifs, tout en naviguant assez vite ».

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