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La petite roussette, un requin si sympathique !

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À la fin de l’automne et durant l’hiver, lorsque la pêche est dure, la petite roussette est toujours là pour égayer les sorties en surfcasting. Présentons ce joli petit requin. Texte et images d'Arnaud Filleul D’un point de vue anatomique, le corps de la petite roussette (Scyliorhinus canicula) n’est pas celui d’un grand nageur. La région caudale est longue, la nageoire caudale est très hétérocerque et terminée par un lobe dorsal tronqué. On est loin des formes de torpilles qui caractérisent les requins les plus aptes à la nage, comme les Lamnidés (en particulier le requin mako). La roussette, elle, est adaptée à un mode de vie benthique. Sa robe est très élégante, brune et constellée d’une multitude de petites taches noires. Les yeux sont très expressifs. Il est possible qu’ils soient à l’origine de la dénomination anglaise de la roussette (catshark), tout comme la configuration du museau. Ce dernier, avec ces valvules nasales contiguës, n’est pas sans rappeler celui du chat. [caption id="attachment_209038" align="aligncenter" width="500"] Les appâts sont lancés, les cannes sont positionnées, la touche ne va pas tarder ! © A. Filleul[/caption] Comme chez tous les requins, le corps est recouvert d’un type d’écailles propre aux Chondrichthyens, l’écaille placoïde. Cette écaille est, en fait, un petit denticule orienté vers l’arrière qui donne à la peau de la roussette un aspect extrêmement rêche lorsqu’on la caresse de l’arrière du corps vers l’avant. Dans ses contorsions, la petite roussette peut venir frotter sa peau contre vos mains ou vos avant-bras, et laisser, outre une écorchure, un grand nombre de denticules plantés dans les chairs. C’est très désagréable et cela cicatrise difficilement. Évitez donc au maximum le contact avec le tégument de la roussette, du moins dans le sens inverse des denticules, et maintenez la région caudale de l’animal immobile en la plaquant contre le corps. [caption id="attachment_209039" align="aligncenter" width="500"] Les appâts sont lancés, les cannes sont positionnées, la touche ne va pas tarder ! © A. Filleul[/caption]

Une grande aire de répartition

La petite roussette se rencontre depuis le sud de la Norvège jusqu’au Sénégal, Méditerranée incluse. Elle appartient à la famille des Scyliorhinidés. On oublierait presque que la roussette est un requin, tant son comportement s’éloigne de l’image d’un grand prédateur. C’est vrai, c’est un animal plutôt discret, qui n’atteint pas de grande taille. Néanmoins, il s’agit bien d’un Chondrichthyen (le groupe des poissons cartilagineux) et cette espèce est même classée dans l’ordre des Carchariniformes, qui contient nombre de grandes espèces comme le requin-tigre, le requin-marteau ou encore le requin bleu. Au sein des Carchariniformes, les Scyliorhinidés sont cependant une famille de requins inoffensifs. Il s’agit d’espèces ne dépassant pas 1,60 mètre, notamment caractérisés par la position reculée de la première nageoire dorsale. On rencontre des Scyliorhinidés dans les océans Atlantique, Indien, et Pacifique. Notre roussette n’est donc pas un cas isolé, sa famille compte même 150 espèces de par le monde. [caption id="attachment_209041" align="aligncenter" width="500"] Ferrage, et c’est au bout ! La roussette donne du rythme à la pêche en surfcasting. © A. Filleul[/caption]

Le requin le plus côtier

Le comportement de la petite roussette n’a rien à voir avec celui de ses grands cousins pélagiques et diurnes. Au contraire, elle passe l’essentiel de son temps sur le substrat et le jour, elle dort. A la tombée de la nuit, la roussette se met en chasse. On peut la trouver sur le sable comme sur les substrats vaseux ou graveleux. C’est le requin le plus côtier, il est ainsi très courant de capturer la petite roussette sur les plages, en surfcasting. Cela ne veut pas dire qu’elle n’aime pas le large, elle fréquente également des fonds supérieurs à 100 mètres. Lorsqu’elle est à la recherche de nourriture, toute proie animale peut être consommée. Dans les contenus stomacaux, on a pu comptabiliser des gastéropodes (les buccins étant très appréciés), des crustacés, des annélides polychètes, des céphalopodes, des poissons…Bref, le pêcheur n’a que l’embarras du choix pour les esches à utiliser. [caption id="attachment_209040" align="aligncenter" width="500"] Les prises s’enchaînent : encore une roussette ! © A. Filleul[/caption] La reproduction est un autre aspect intéressant de sa biologie. Vous avez sûrement déjà trouvé, en vous promenant sur l’estran, de petits sacs cornés et rectangulaires, avec des filaments enroulés en vrille à chaque angle. Il s’agit d’œufs de petite roussette, le plus souvent déjà éclos, ramenés par la marée. Parfois, il arrive que l’œuf ait été décroché avant son terme, et la minuscule roussette est toujours à l’intérieur. Les roussettes sont ainsi des espèces ovipares (qui pondent des œufs), au contraire de nombreux requins qui sont ovovivipares (les œufs se développent à l’intérieur du corps de l’animal). Les filaments en vrille des œufs permettent à la femelle de les accrocher en se frottant contre différents supports. Les œufs mesurent environ 6 centimètres et la durée d’incubation varie fortement, car la petite roussette peut pondre été comme hiver. L’éclosion peut ainsi survenir après 90 jours, quand la température est chaude, mais seulement au bout de 250 jours dans le cas contraire. L’incubation est longue, mais les roussettes mesurent déjà 10 centimètres à l’éclosion et sont totalement autonomes. Scyliorhinus canicula peut atteindre un mètre.

Suivre les mouvements de la roussette

Le pêcheur doit suivre les mouvements de la roussette s’il désire effectuer des prises. Du bord, on la recherche depuis les pointes ou depuis les plages. Il est préférable de pêcher sur les plages à la fin du montant, lorsque les roussettes se sont considérablement rapprochées de la côte. Depuis les pointes rocheuses, on peut néanmoins lancer vers les postes profonds où les roussettes peuvent être mordeuses à marée basse. La roussette peut mordre de jour comme de nuit, mais le pic alimentaire du début de la nuit est vraiment un bon moment pour le surfcasting. [caption id="attachment_209043" align="aligncenter" width="500"] La petite roussette arrive au bord, nous en prendrons plusieurs lors de cette pêche sur la plage. © A. Filleul[/caption] L’appât doit parfaitement reposer sur le fond, l’usage d’un traînard est donc conseillé. Pour l’hameçon, on peut utiliser des numéros 4 à 1/0, le choix dépendant aussi des espèces accompagnatrices. La roussette est un merveilleux sauve-bredouille en surfcasting, notamment à la fin de l’hiver, lorsque les bars ont déserté la côte. En bateau, les grandes zones sableuses regorgent parfois de roussettes et il est même normal de les prendre de jour. Il faut pêcher durant les mortes-eaux et autour de l’étale lorsqu’on désire pratiquer en dérive lente. On peut également s’ancrer sur une zone et pêcher à soutenir, l’usage d’une strouille augmente alors l’activité alimentaire de ces petits requins. Tous les appâts carnés fonctionnent, le morceau de seiche et la lanière de maquereau étant des esches excellentes et faciles d’emploi.

Mais aussi : Petite roussette/grande roussette

[caption id="attachment_209037" align="aligncenter" width="500"] La petite roussette présente des valvules nasales contigües. © P^che en me[/caption] Il faut éviter de confondre les deux espèces de roussettes de nos côtes. La petite roussette (Scyliorhinus canicula) est beaucoup plus fréquente que sa cousine, la grande roussette (Scyliorhinus stellaris). Il est cependant bon de savoir reconnaître chaque espèce, au cas où vous auriez la chance de rencontrer la plus grande. Tout d’abord, le nom n’est pas usurpé, puisque la grande roussette peut atteindre 1,60 mètre (une grande taille pour cette famille) alors que la petite roussette ne dépasse pas le mètre. La robe est différente également. Celle de la grande roussette est en général plus grisâtre et les taches noires sont plus grosses, souvent disposées en ocelles. Enfin, un bon caractère anatomique demande l’observation de la partie ventrale du museau. Les valvules nasales de la petite roussette sont contiguës alors que celles de la grande roussette sont séparées.

Vidéo : Pêche en surfcasting

Les photos de cet article ont été prises lors d’une sortie en surfcasting sur la plage du Verger, entre Saint-Malo et Cancale.

Toute l’actualité de la pêche en mer par ICI

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