Trophée Jules Verne. Sodebo Ultim 3 établi un nouveau temps de référence au Cap Leeuwin !
L’équipage de Sodebo Ultim 3 débute l’année 2026 de la meilleure des manières en dépassant le cap Leeuwin, à la pointe sud-ouest de l’Australie, ce jeudi 1er janvier à 22 h 18min (heure FR). Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent un nouveau temps de référence sur le tronçon Ouessant-cap Leeuwin en 17 jours, 1 heure, 17 minutes. Ils améliorent la précédente marque d’IDEC Sport, détenue depuis 2017, de 5 heures, 41 minutes. Ils restent donc plus rapides que le détenteur du Trophée Jules Verne. Sodebo Ultim 3 et son équipage vont désormais continuer leur progression vers l’Est et la Tasmanie qui marquera l’entrée dans l’océan Pacifique prévue ce samedi.
Leeuwin, le Cap de la Bonne Année
Encore un nouveau temps de référence ! Après les tronçons Ouessant – équateur, Ouessant – cap de Bonne Espérance, c’est désormais entre Ouessant et le cap Leeuwin que Sodebo Ultim 3 s’est montré le plus rapide. Avec un temps de 17 jours, 1 heure, 17 minutes, ils ont amélioré de 5 heures, 41 minutes le temps de référence détenu par IDEC Sport depuis 2017. « Quand on voit qu’on est en tête des trois meilleurs temps intermédiaires du Trophée Jules Verne, c’est fantastique », savoure Benjamin Schwartz.
Les « Sodeboys » gardent de l’avance sur leur adversaire virtuel. Une sacrée prouesse d’autant qu’en comparaison, Francis Joyon et son équipage avaient eu des conditions exceptionnelles dans l’océan Indien. “Ils n’avaient fait aucun empannage pendant toute la traversée de l’océan Indien, rappelle Benjamin. “Nous en avons déjà fait 19 depuis Bonne Espérance et il en reste une dizaine jusqu’en Tasmanie ! “. L’enthousiasme est au rendez-vous puisqu’à l’exception de Thomas Coville, tous les membres de l’équipage franchissent le cap Leeuwin pour la première fois dans leur vie de marins.
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim 3 : « C’est presque la moitié du parcours. On a tous beaucoup trimer et travailler pour être dans ce nouveau temps de référence. Avec Sodebo on n’est jamais allé aussi loin dans nos tentatives de records (en 2020 et 2024 qui s’était arrêté sur avarie). On va rester humble et sereins. On progresse collectivement. On est tous ensemble pour gérer ces étapes après étapes, ces caps après caps. On est conscients du chemin mais ce qui nous intéresse c’est le Record du tour du monde. Alors nous allons continuer à naviguer comme on le fait depuis le départ. »
Léonard Legrand, équipier sur Sodebo Ultim 3 : « On est très contents d’inscrire un nouveau temps de référence à Leeuwin ! Ça montre l’engagement de l’équipage et le curseur que l’on met. On pousse fort ! Même si on est heureux, ce n’est pas le tout de faire les intermédiaires, ce qui nous intéresse c’est le Record à Ouessant. »
L’océan Indien fidèle à sa réputation
Les derniers jours ont été particulièrement compliqués. Après leur descente à grandes enjambées de l’Atlantique, les sept marins ont dû batailler pour progresser à l’arrière d’une dépression. « C’est toujours une zone délicate car la mer a eu le temps de se former et elle était souvent croisée », assure Benjamin Schwartz. « Les conditions ont été particulièrement musclées et forcément, ça a joué sur les organismes, ajoute Frédéric Denis. Mais c’est chouette de voir qu’on a continué à bien avancer ! » Sodebo Ultim 3 a poursuivi sa route autour de 20 à 30 nœuds de vitesse tout au long de la semaine. « On a surtout eu la bonne surprise de voir qu’on gardait des moyennes plus qu’honorables », apprécie Benjamin.
Les glaces, une attention de chaque instant
Dimanche dernier, Thomas Coville expliquait « avoir passé mon quart les yeux rivés sur le radar, les alertes et les alarmes pour veiller aux éventuels growlers ou icebergs ». Ils ont en effet traversé une zone à risque pour éviter une bulle de vent faible. Plusieurs growlers (fragments d’icebergs non détectables par satellite) ont en effet été aperçus par l’équipage ces derniers jours. La cellule routage, en lien avec CLS, spécialisée dans la localisation par satellite, travaille avec le bord afin d’adapter la trajectoire en fonction des détections. « C’est une préoccupation de chaque instant car dès qu’il y a un peu de mer, nos radars ont du mal à détecter un éventuel morceau de glace », ajoute Benjamin. Ce risque, inhérent aux tentatives du Trophée Jules Verne, oblige à veiller à la latitude à laquelle ils progressent. Cela a donc eu un impact concret sur leur route puisqu’ils ont décidé de contourner les îles Kerguelen par le nord. À noter que dans l’équipage, Thomas Coville était le seul à avoir déjà vu des growlers et des icebergs au cours de ces neuf tours du monde précédents.
Un réveillon du 31 sur le pont
Hormis les sourires et les accolades, la Saint Sylvestre aura été particulièrement studieuse à bord. Les 7 marins ont notamment dû s’employer à plusieurs réparations. Frédéric Denis évoque « pas mal de bricoles » à l’instar d’une fuite d’eau dans un ballast. Ils ont également dû réparer une chaîne de colonne de winch qui les a obligés à effectuer un empannage « à la manivelle et à l’ancienne ». En parallèle, il faut composer avec le froid toujours aussi tenace et l’humidité. « On a la chance d’être bien équipé, d’avoir des bons duvets pour dormir, des vêtements pour se changer, explique Frédéric. Mais on voit que le corps humain a une sacrée capacité d’adaptation.»
L’océan Pacifique en ligne de mire
Après l’océan Atlantique et l’Indien, c’est désormais l’océan Pacifique qui se profile. Ils devraient y entrer d’ici deux jours, samedi 3 janvier. Sodebo Ultim 3 va continuer sa progression à plus de 1000 milles au sud de l’Australie. Bientôt, ils dépasseront la latitude de la Tasmanie pour la longue traversée du Pacifique vers le Cap Horn. Et ce sera toujours aussi intense. Si l’avance s’est réduite depuis Bonne Espérance, l’équipage « espère le creuser à nouveau à partir de la Nouvelle-Zélande ». Et la motivation est toujours aussi forte pour l’équipage de Sodebo Ultim 3 qui continue d’accumuler les temps de référence à chaque passage clé de ce tour du monde.
Source CP

