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Aviron : après sa médaille olympique, les regards brillaient en voyant Thibault Colard... mais ils ont vite perdu de leur éclat

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« L’écart est titanesque, incomparable », estime le Toulousain. Sa médaille olympique lui a fait vivre des moments extraordinaires. Être invité à l’Élysée, recevoir la médaille du mérite, participer aux Étoiles du sport. Et l’engouement du public diffère. Au sortir d’une médaille mondiale, il se limite aux suiveurs de la discipline. Après une médaille olympique, toute la France est intéressée. « Les gens nous sollicitent, veulent savoir la manière dont notre projet s’est construit, des anecdotes sur la médaille », rembobine Colard.

« On était mis sur un piédestal »

« On était mis sur un piédestal », se souvient celui qui a obtenu sa médaille en 2016 avec Franck Solforosi, Thomas Barouck et Guillaume Raineau. « On ne s’entraîne ni pour la gloire, ni pour l’aspect médiatique, mais quand ça nous tombe dessus, on y prend vite goût. » Quand les sollicitations s’estompent, un manque se fait sentir. Le quotidien, lui, reste le même. Après une année de césure pour préparer les Jeux, Thibault Colard se remet dans ses études. « Je ne me voyais pas arrêter. Pour me plonger à 100 % dans mon sport, il me fallait avoir une sécurité en dehors. » Suite à sa médaille, sa Fédération l'aide à avoir une meilleure hygiène de vie et à subvenir à ses besoins. Puis ses résultats baissent. Ses aides aussi.

La fin de ses études coïncide donc avec celle de sa carrière. Est-ce dur de ne pas se projeter au-delà d’une olympiade ? « On a besoin de stabilité pour chercher la haute performance, mais aussi de sortir de sa zone de confort, de moments de déséquilibre pour prouver des choses et chercher des médailles », répond-il. Pour lui, le plus dur était ailleurs. Dans le regard des autres, devenu subitement aussi brillant que sa médaille lorsque les gens le voyaient. Avant de perdre de son éclat quelques semaines plus tard. Sans que Thibault Colard y ait été préparé. Des années après, c’était oublié. L’ancien rameur prend désormais plaisir à être un excellent triathlète amateur.

Ludovic Aurégan

Charge mentale

Elle peut être liée à la précarité économique ; à un mode de vie où manger, dormir et même sortir avec des amis ramène le sportif à son activité ; à la crainte de la blessure ou à d’autres aspects. Elle continue même après la carrière ou une fois l’objectif passé. Il faut gérer la décompensation. Le fait de pouvoir vivre sans cette charge. Pendant longtemps, elle était passée sous silence. Les langues se délient. La semaine dernière, la ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques a même fait des annonces la concernant. La création d’une rubrique dédiée à l’accompagnement psychologique. Mais aussi la mise en place d’enquêtes, d’informations et de soutiens.

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