Jour blanc à Terre Rouge
Article rédigé par Valentin Galante
Ludivine et le refuge de Terre Rouge, ça ne marche pas cette saison. 2 tentatives, 2 échecs nivo-météorologiques. Comme elle ne croit pas au “jamais 2 sans 3”, elle espère encore pouvoir sauver les arrhes avancées et réunit une équipe de sauveurs pour une escapade de 3 jours.
Et on ne sauve pas des arrhes n’importe comment : l’objectif est de contribuer au challenge de mobilité douce. Donc départ en train à 7h de Lyon, puis bus et re-bus. Ce trajet sera une bonne occasion pour préparer activement les courses qui nous attendent.
11H30, on pose les pieds à Valmeinier 1800 et on rejoint Ludivine qui arrive avec une mobilité douce bien à elle : traversée en ski depuis Valloire, quelle classe !
Par contre, la météo n’est pas tellement au rendez-vous, les nuages sont bas et le vent pas très loin. Pour la montée la variante “en balcon avec une belle vue” n’est pas tellement de circonstances, ce sera plutôt “voyage le long du ruisseau”. L’aspect “voyage” sera de courte durée car on arrive rapidement dans la purée de pois. Puisque c’est comme ça, le voyage sera gustatif : au menu du refuge c’est kofé, une alternative au café à base de lupin blanc, petit épeautre et orge torréfié. De toute façon demain ce sera mieux.
20h, après l’annonce de la météo et du BERA on se dit “de toute façon, demain aprèm ce sera mieux”.
Le lendemain, pas d’éclaircies à l’horizon. Tout le refuge guette par la fenêtre la moindre percée dans la brume. Dès qu’on aperçoit un bout de montagne, la vie s’arrête et tout le monde se tourne vers l’extérieur plein d’espoir. Après plusieurs échéances de “on se donne 30 minutes pour voir comment ça évolue”, on se rend à l’évidence : le miracle n’aura pas lieu et “ce sera mieux demain” fait son grand retour.
Ça ne nous empêche quand même pas de préparer tous ensemble une course pour monter au sommet de Roche Noire, dans le doute. C’est une bonne excuse pour s'entraîner à la méthode CSV et faire un joli gribouillis.
Comme prévu, une fois dehors on avance à tâtons en suivant le fond de vallon. Heureusement qu’on a préparé des instructions dignes des meilleures courses d’orientation : “à la troisième pierre, prendre azimut 10°”. Ceci nous emmène tout droit à notre premier point de décision prévu car “de là, on verra mieux la suite”. La décision est vite prise, transition en mode descente et retour au bercail. La déception est de mise, il y a une bonne quantité de poudreuse qui ne demande qu’à être skiée !
Avec un savoureux mélange d’exo DVA, de kofé, de prince et de partie de 421, on patiente jusqu’à l’annonce fatidique du nouveau BERA. Cette fois c’est encourageant et les idées de projet fusent : comme on n’a pas de véhicule, on peut aussi bien finir à Valloire qu’à Valmeinier ou à Valfréjus. Le choix est dur à faire, le terrain de jeu est trop grand pour si peu de temps.
Le lendemain 8h, tout le monde est sur les skis et on part, pas encore certain de là où on va finir. Une chose est sûre par contre, c’est la joie qu’on ressent dès les premiers glissages de ski au soleil. En plus de ça, on a la chance de faire notre trace dans une belle neige vierge. Le paysage est magnifique, loin derrière les aiguilles d’Arves se dévoilent et devant nous trônent le Thabor et son pic !
On arrive au sommet de la Pointe de Terre Rouge, qui devient notre tour de vigie pour faire le point sur les options d’itinéraire. Mais le choix est vite vu et le consensus vite trouvé : il n’y a pas de meilleure neige que celle dans laquelle on vient de monter. S’en suivra une descente exceptionnelle faite de rebond et de “wouhou”, jusqu’à la bien nommée “Pierre du Déjeuner”.
Après un petit encas, on file vers Valmeinier sur base de peautage, dépeautage, repeautage et redépeautage. Même si Ludivine imaginait longer la pente gentiment et rentrer en gravitaire pour ne pas faire trop de manip, pour Sylvain l’appel de la poudre est trop fort et on se lance finalement droit dans la pente.
On finit par être de retour à la station, pas le temps pour l’option Grand Fourchon qui était envisagée. Mais on en a déjà pris plein les skis et on arrive en beauté avec une nouvelle épreuve olympique de skiathlon : slalom dans le petit bois, ski de fond sur plat et piste bleu pour finir à Valmeinier 1500. Malgré tous nos plans farfelus (certain parlait même d’aller à la Pissine ?), on termine finalement (presque) là où on avait commencé, à l’heure pour l’Altibus et rentrer à Lyon paisiblement.

