Caritool Expérience
Départ de Lyon à 17h15, et pour l’occasion nous avons loué un minibus. Ambiance colo de vacances assurée. On se retrouve donc à neuf : Julien / Alison / Steve / Guillaume / Fanny / Alexandra / Perrine / Florian / Brandao (Coco)
Une partie du groupe se connaît déjà grâce au précédent stage d’initiation, et via une rencontre organisée pour faire connaissance autour de la magnésie et des prises en résine.
Le programme est simple : partir grimper… mais sur de la glace !
Les crampons et piolets du CAF sont dans les sacs, tout comme les doudounes et les chaussures d’alpinisme (hivernales d’après la consigne, estivales pour les moins frileux) sans oublier les Caritools.
Le trajet dans le minibus est l'occasion de faire plus ample connaissance, et de tester la conduite des plus téméraires au col du Lautaret. Arrivés à 21h30 au Moulin papillon, dans le noir et le froid, nous faisons connaissance de notre hôte : un homme charmant, accueillant, à l'humour…étonnant…
Il nous explique les usages, la disposition de nos chambres respectives, avec l'un de nous qui sera puni et seul dans une chambre. On prend ensuite un temps pour manger un bout, et les conversations tournent déjà autour des longueurs du lendemain, du froid annoncé, et dans les têtes se mêlent excitation et appréhension…
Préparation des sacs, réglage des crampons, et au dodo.
Rendez-vous à 7h30 avec les guides : nous retrouvons Sylvain, le grand Simon et Louis. Après un rapide check-up du matériel, nous partons pour Freissinières.
Les conditions sont un peu spéciales : 40 cm de poudreuse fraîche sont tombés récemment, et le risque d’avalanche est bien réel. Chacun s’équipe de son DVA — et surtout, pas dans la poche avec les pom’potes !
La route s’arrête brusquement : un arrêté préfectoral bloque le passage. Une avalanche a balayé le chemin, couché plusieurs arbres. Le souffle a dû être monstrueux, quand on voit des bouleaux de 30 cm de diamètre étendus au sol.
Marche d'approche en direction de notre site de pratique du jour
La marche d’approche dure environ 30 minutes, et nous voilà enfin sur le secteur Pistoleros.
Le programme de la journée ? De la couenne, pour s’acclimater aux gestes, à l’effort et à la glace. Les guides installent huit voies, et nous passons la journée à nous cramer les bras et les mollets pour peaufiner notre technique.
Petit coin de paradis pour glaciériste en reprise d'activité
Alice, la plus téméraire, tente le dry en fin de journée — La classe totale !
Alice : la classe en dry tooling !
Deux voies restent gravées dans nos mémoires : la bleue, avec deux murs verticaux, et celle de gauche, avec un départ en dry très stylé.
Derrière nous, la Tête de Gramusat et ses voies mythiques nous observent toute la journée. La glace qui recouvre ses flancs semble parfaite… un jour, peut-être, nous la toucherons avec nos crampons. Mais il reste encore du boulot !
Tête de Gramusat en vallée de Freissinières
Nous débriefons la journée avec les guides, et un véritable conclave s’improvise entre eux trois pour préparer le programme du lendemain. Deux options s’offrent à nous :
L’aventure (mots-clés : cascade naturelle, canyon, marche d’approche, grande voie, magnifique, sauvage)
Ceillac (mots-clés : parking au pied des voies, pas mal de monde, tranquille)
Sans surprise, l’unanimité se fait autour de l’aventure !
Bilan de la journée : épuisante, tout le monde est sur les rotules.
Après une bonne douche bien chaude mais sans pression, on se retrouve pour l’apéro autour d’une bière du Queyras et d’un jeu de société (Trio), histoire de se poser et de rigoler un peu.
Puis soupe, lasagnes… et direction le lit, rincés mais contents de la journée.
Apéro au gîte Moulin Papillon
Les guides nous donnent rendez-vous à 7h au gîte. Les sacs sont prêts, le matériel est rodé… mais les caritools ne sont pas forcément adaptés aux baudriers, quelle galère !
Le thermomètre affiche -10 °C au parking, mais nous sommes bien équipés et motivés. La marche d’approche dure environ 1h30 pour 500 m de dénivelé positif. Nous longeons la Biaysse par la route de Dormillouse, toute enneigée, puis bifurquons à gauche en direction du torrent des Oules.
Simon et Louis ouvrent la voie dans la poudreuse, tandis que nous suivons à 50 m d’écart pour plus de sécurité. L’objectif du jour : partir pour la grande voie et atteindre deux joyaux :
Impatience (TD- II X2 P3 5)
Les Larmes de Nicodème (D II X2 P2 4)
Arrivés en sueur, nous nous équipons et répartissons les cordées : trois par guide, deux en parallèle et un en fermeture. Dans l’ordre :
Florian et Perrine puis Steve, avec Simon pour Impatience
Alice et Julien puis Corentin, avec Louis pour Les Larmes de Nicodème
Alexandra et Fanny puis Guillaume, avec Sylvain également pour Les Larmes de Nicodème
Les longueurs que nous avons parcourues offraient un vrai mélange : pentes de neige, glace peu raide et verticales soutenues. Chaque passage avait son caractère, et aucune longueur ne se ressemblait. Un terrain varié, exigeant.
Au pied des deux cascades
Au fil de l’ascension, on a assisté à toutes sortes de petits pépins : piolets perdus - parfois au sol, parfois restés coincés sur la paroi - cordes qui s’emmêlent, et attentes interminables aux relais.
Le CAF de Marseille nous accompagnait, tandis que d’autres glaciéristes, sans véritable programme, s’exposaient directement sous nos voies, ignorant les risques des chutes de neige ou de glace provenant des cordées au-dessus.
Les dernières longueurs ont été difficiles pour tout le monde. Les guides ne nous ont laissé aucun répit : ils nous ont poussés jusqu’à nos limites pour le plaisir de toute le monde.
Aux relais, on était souvent entassés. Clairement pas le grand confort, mais au moins on a créé des liens. On partageait tout : le stress, les petites victoires, les encouragements, les rires nerveux et les regards du genre « ok, ça passe ! C’est bientôt mon tour...».
La sortie elle-même s’est conclue par de magnifiques rappels, un moment était à la fois spectaculaire et libérateur : la paroi derrière nous, la glace étincelante sous les pieds, et la satisfaction d’avoir grimpé ces cascades.
Descente en rappel
Tout au long de l’ascension, nos mots étaient simples, spontanés : « Sec, sec !! », « ça passe », « J’ai froid au pied », « Putain, c’est beau… ». Ces phrases résumaient à elles seules nos émotions, entre concentration, effort et émerveillement. Mais une chose était claire : la grimpe en tête dans ce type de cascade, ce n’est pas pour demain.
Il est temps de redescendre du nuage et de faire demi-tour vers les voitures. Surprise : un vendeur de miel a improvisé un stand avec dégustation dans le froid. Et pas n’importe qui : le grand Simon, guide de haute montagne et apiculteur ! Il est fort.
Stand de miel au parking
On charge les voitures et on reprend la route direction Lyon, pour retrouver le cours de nos petites vies lyonnaises. Je crois qu’on aime tous ce contraste entre la vie de citadin et ces aventures en montagne qui nous transportent, nous challengent et nous rapprochent.
Une partie du groupe est déjà inscrite pour un week-end d’alpinisme hivernal, et on a déjà hâte de se retrouver. Pour les autres, on se retrouve à un prochain stage !
Merci à tous pour votre bonne humeur, votre énergie, pour organisation et le moment partagée. Merci aux guides et merci Pierre-Olivier !

