"Bain de sang" sur les bourses mondiales, gros coup dur pour Trump qui vante sans cesse la santé de Wall Street
ÉTATS-UNIS - Un vent de panique a soufflé sur Wall Street lundi, où l'indice vedette de la place new-yorkaise a drastiquement chuté après plusieurs mois d'euphorie boursière dont Donald Trump n'avait cessé de se féliciter. Mêmes plongeons des places asiatiques et européennes à leur ouverture, ce mardi 6 février.
Le Dow Jones a particulièrement dévissé en seconde partie de séance et enfoncé en moins d'une heure les seuils des 500, 1000 et 1500 points perdus. Au plus bas pendant ce "bain de sang" dont s'émeuvent les médias outre-Atlantique, il a chuté de plus de 10% depuis son dernier record le 26 janvier.
Après un petit rebond en fin de séance, l'indice a finalement terminé en baisse de 4,60%. Le Nasdaq a lui perdu 3,78% et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, a cédé 4,10%.
Coup dur pour Trump
La Maison Blanche s'est voulue rassurante en affirmant que Trump se préoccupait des "fondamentaux" de l'économie à long terme qui restent "exceptionnellement forts", selon sa porte-parole Sarah Sanders. La chute est pourtant un coup dur pour le milliardaire new-yorkais qui s'est souvent félicité dans des tweets ou des interventions publiques de la santé de Wall Street au point de donner l'impression de s'en servir comme bulletin de note, analysait le Washington Post en octobre 2017.
Dow goes from 18,589 on November 9, 2016, to 25,075 today, for a new all-time Record. Jumped 1000 points in last 5 weeks, Record fastest 1000 point move in history. This is all about the Make America Great Again agenda! Jobs, Jobs, Jobs. Six trillion dollars in value created!
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 5 janvier 2018
Dow, S&P 500 and Nasdaq all finished the day at new RECORD HIGHS! pic.twitter.com/wJyB9d00hh
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 28 novembre 2017
Le président américain en avait aussi fait l'un de ses arguments favoris pour séduire les milieux d'affaires lors du dernier forum économique de Davos en Suisse. "Si les démocrates avaient gagné l'élection -la Bourse est en hausse de près de 50% depuis ma victoire- je crois que la Bourse aurait chuté de 50%. Nous sommes maintenant dans cette direction grâce à (la suppression) des régulations qui, vous savez, vous empêchaient de tout faire", se vantait-il encore fin janvier (ci-dessous).
La Maison Blanche a assuré lundi matin auprès de la chaîne CNBC "être toujours inquiète quand le marché perd de la valeur". Mais un porte-parole de l'exécutif, mettant en avant "la fluctuation des marchés à court terme", avait un peu plus tard rappelé que l'économie américaine restait "très solide" et "allait dans le bon sens".
Retour de la volatilité
Signe de l'inquiétude ambiante dans les salles de marché, l'indice qui mesure la volatilité à Wall Street, le VIX, s'affichait lundi à son plus haut niveau depuis l'été 2015. "On avait perdu l'habitude de voir les indices accélérer du côté négatif", a remarqué Art Hogan de Wunderlich Securities, un vétéran de la place new-yorkaise.
Entamée la semaine dernière, la débâcle a été déclenchée par un regain de nervosité des investisseurs face à la hausse des taux d'intérêt. L'annonce d'une augmentation importante des salaires en janvier aux Etats-Unis a en effet ravivé vendredi les craintes d'inflation et la possibilité de voir la banque centrale relever plus rapidement que prévu ses taux.
Cette évolution renchérit les emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que les actions. Avec un nouveau recul lundi du prix du baril de pétrole, le secteur de l'énergie a aussi subi un choc (-4,35%). La major ExxonMobil a par exemple cédé 5,69%.
La Bourse de Paris a ouvert en forte baisse (-2,71%) mardi, gagnée par la panique venue de Wall Street. A 09H11, l'indice CAC 40 dévissait de 143,24 points à 5142,59 points. La veille, il avait déjà fini en nette baisse de 1,48%, à son plus bas niveau de l'année. La Bourse de Londres chutait elle de 2,25% mardi en début de séance.
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