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Danse et communication non violente : à la rencontre d'une artiste protéiforme à Ambert

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 C’est à Chamalières que Myriam Gissinger a grandi. C’est là aussi qu’elle a commencé à danser. "J’avais 7 ans, raconte-t-elle. J’ai appris à danser à La Boîte de Jazz, une école de Chamalières. C’était il y a juste 30 ans !" Après ses premiers pas en modern jazz, Myriam s’est tournée vers d’autres formes de danse. "J’avais 15 ou 16 ans quand mon père m’a emmenée à la maison du Peuple de Clermont pour voir un concours de rock acrobatique. Je me suis dit “si des gamins de 6 ou 7 ans peuvent faire ça, alors je peux le faire aussi, je veux faire pareil”."

Myriam cherche alors une école de danse en couple et y apprend le rock mais aussi la salsa. 

Je dansais à Clermont mais aussi dans des festivals. Pendant quelques années, j’ai appris le swing, le boogie, le rock puis j’ai approfondi les danses latines comme la salsa cubaine. Finalement, je me suis spécialisée dans la bachata, danse traditionnelle dominicaine. Elle est surtout basée sur le jeu de jambes et le jeu entre partenaires. Je l’ai ensuite enseignée pendant 3 ou 4 ans.

De la communication  non violente

À cette même période, Myriam enseigne également des danses d’Amérique du Sud ou même d’Afrique, comme la kizomba, venue du Cap Vert et d’Angola. Mais n’en est pas pour autant moins sensible aux danses locales. "Je connaissais déjà très bien les danses traditionnelles auvergnates", raconte-t-elle.C’est aussi à cette époque que la danseuse décide de se former à la communication non violente (CNV).

Apparemment, ça n’a rien à voir, c’est une façon d’apprendre à exprimer ses désaccords, mais aussi un art de vivre qui met au cœur l’importance de la relation. Et c’est là que j’ai retrouvé le plaisir de la danse seule et improvisée. Dans la danse à deux, je me suis rendu compte qu’il y a une histoire de domination du cavalier sur la cavalière. Ce n’était pourtant pas le cas à l’origine. Mais moi, je m’y retrouvais de moins en moins.

Avec la CNV, Myriam a souhaité "amener plus de douceur et d’écoute dans la danse".

C’est ainsi qu’elle a suivi un stage mêlant étroitement les deux pratiques à Toulouse. "J’ai travaillé avec Emmanuel Grivet, chorégraphe et Isabelle Desplat, formatrice en CNV, partage-t-elle. Ce stage m’a ouvert sur le potentiel qui existe entre CNV et danse improvisée, et aussi sur ce que la danse apporte dans les envies de changements. Il y avait quelque chose de très transformateur dans ce cursus qui a duré deux ans".

Aujourd’hui, Myriam multiplie les activités : salariée des Lococotiers, elle accompagne les porteurs de projets, aide au développement des différentes initiatives portées par la structure, mais assure comptabilité et tâches administratives. Un emploi à temps partiel qui lui permet de proposer des stages et ateliers de danse. "Le prochain aura lieu en mars, annonce-t-elle. Il fait partie d’un cycle sur les saisons, de leur lien avec le corps. Là, on travaillera sur le printemps, la respiration, l’éclosion, la créativité. Et aussi sur ce qui se passe en nous, à l’intérieur, et ce que l’on donne à voir à l’extérieur. "

En parallèle, Myriam travaille avec le collectif Aqua depuis 2023. "Nous sommes neuf danseurs du territoire, on s’entraîne ensemble".

Une première exposition photo

Autre gros projet que Myriam souhaite mener à bien cette année, participer à sa façon aux Vitrines qui parlent qui se tiendront cette année à Arlanc. 

Le thème en sera le voyage, annonce-t-elle. On veut relier Arlanc à Ambert avec de la dentelle. 

Une autre pratique que l’artiste pratique depuis longtemps. "J’en fais depuis l’âge de 16 ans, et je souhaite en faire un art contemporain." Pour l’événement, Myriam a choisi de réaliser un phénix en 3D, monté sur une structure métallique et qui sera accroché à l’avant du train d’Agrivap. "Le phénix mesurera 1,20 m x 1,90 m, indique-t-elle, c’est un très gros travail de modélisation."

Et comme apparemment, sa soif de création n’a pas de limites, Myriam propose actuellement sa première expo photo, Entre ciel et terre. "Je fais de la photo depuis que je suis gamine mais j’ose pour la première fois montrer mon travail. J’ai appris avec des bouquins, je ne me sens pas encore légitime pour me dire photographe. L’idée est de créer quelque chose qui ressemble à moi seule. Et surtout, je ne retouche rien. Le monde est déjà assez riche, la photo estlà pour le montrer tel qu’il est."

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