Danse sportive
Ajouter une nouvelle
Nouvelles

Quand le vintage enflamme les pistes de danse du bassin montluçonnais

0 46

Un verre de soda à la main, le disc-jockey Christian Chardin observe du coin de l’œil la grande salle de la boîte de nuit montluçonnaise se remplir tout doucement. C’est soir de première au One. Pour combler un manque, le propriétaire de la discothèque Martial Philippon a décidé, tous les premiers vendredis du mois, d’organiser une soirée spéciale années 1980 et 1990. Objectif : attirer une clientèle qui ne met plus les pieds dans l’établissement depuis belle lurette.

Il est un peu plus de minuit lorsque Bruno fait son apparition. Il semble hésiter comme s’il découvrait un nouvel univers. "J’ai 55 ans, je suis venu avec des amies et ce genre de soirée est une bonne nouvelle pour notre génération. Cela m’évite d’aller à Moulins et faire une heure de route", explique-t-il sur fond de musique disco.

Sacrée soirée disco sur les bords du Cher.Âgée d’une quarantaine d’années, Émilie n’a pas besoin de prendre ses marques. À peine arrivée, elle prend place sur la piste. Difficile de résister au rythme endiablé de Don’t stop til you get enough. Entre deux pas de danse, elle explique ne pas regretter d’avoir sacrifié quelques heures de sommeil. "C’est une copine qui m’a parlé de cette soirée. On vient jamais parce que c’est trop jeune d’habitude mais là, c’est vraiment sympa. Ça change du rap."

Les années 1980, une valeur sûre

Il est 1h30. Préposée aux vestiaires, Claire ne chôme pas. Les clients continuent d’affluer. Les années vintage font recette mais la clientèle visée n’est pas franchement au rendez-vous. Sur les 600 personnes venues se déhancher au son de la musique funk et disco, une grande majorité affiche à peine les 25 printemps. La barbe parfaitement taillée, Benjamin est un habitué des nuits montluçonnaises.

Du haut de ses 22 ans, il apprécie l’initiative du One même s’il n’est pas dans le cœur de cible.

Les tubes des années 1980 et 1990, franchement, ça fait plaisir. Mes parents ont la cinquantaine et j’ai grandi là-dedans. J’aime bien le rap français mais quand tu entends Les démons de minuit, c’est autre chose.

Il est 2 heures lorsque les premières notes du succès planétaire des Village People In the Navy retentissent dans l’enceinte de la discothèque. Difficile de se frayer un chemin sur la piste. Derrière sa console, Christian Chardin reste concentré. Pas question pour le DJ quinquagénaire de vider le dancefloor. Derrière lui, ses assistants distribuent à tour de bras casquettes à paillettes et perruques colorées pour ajouter du piment à la soirée.

Distribution d'accessoires pour ajouter un peu de piment à la fêteIsabelle et Sabrina n’ont pas besoin d’artifices pour s’amuser. Elles sont venues de La Châtre (Indre) pour danser au rythme des tubes de leur jeunesse. "Nous venons régulièrement mais ce soir, c’est différent. La musique est vraiment bonne et s’il y a beaucoup de jeunes, cela ne nous étonne pas car ils aiment et ils connaissent les succès des années 1980."

Magnolias for ever, Monday, tuesday, Night fever, Dancing queen… Les tubes s’enchaînent. Plus de deux heures maintenant que la piste ne désemplit pas. Le rythme infernal imposé par le maître de cérémonie semble doper les organismes. La fête bat son plein. Martial Philippon affiche un grand sourire : "Tout à l’heure, j’ai croisé un Creusois d’une cinquantaine d’années. Il m’a dit qu’il n’était pas venu depuis vingt ans", se réjouit le propriétaire des lieux.

Il est maintenant 3 heures. Les clients les moins endurants quittent la discothèque. Les autres ont encore deux heures avant la fermeture pour profiter du parfum de nostalgie qui a flotté sur le One le temps d’une nuit magique.

La nostalgie des années disco et funk n’a pas épargné les boîtes de nuit du bassin montluçonnais. Toutes ? Presque… Surfer sur la vague vintage, un atout commercial ? Dans le bassin de Montluçon, certains en doutent. Contacté par nos soins, le responsable de la discothèque Le Manoir à Estivareilles se contente de répondre : "Nous ne faisons pas ce genre de soirée". Au sein de l’établissement, on préfère jouer la carte jeunes. Au Pharaon, c’est un autre son de cloche qui résonne. Depuis plusieurs années, la boîte de nuit montluçonnaise organise tous les vendredis une soirée qui sent bon le vintage. "Après le Covid, nous avons repris le concept que nous avions déjà mis en place avant la pandémie", explique Stéphanie Dunouhaud, la responsable de l'établissement. Et ça marche… "Ces soirées attirent du monde. Il faut dire que la musique de ces années-là est plus festive et les gens aiment y compris les plus jeunes." Au Madison, dancing situé à Cosne-d’Allier, le vintage est aussi de rigueur. Depuis la reprise de l’établissement par Denis et Eric Glomeau il y a plus de dix-huit mois, les premier et troisième samedis de chaque mois, une soirée années 1980 fait le bonheur des quadragénaires et des quinquagénaires de la région. "Ils n’ont pas d’endroit pour sortir parce qu’ailleurs, la musique ne leur convient pas et pour eux, les années 1980, c’est toute une époque." Une recette qui, à en croire Denis Glomeau, a toujours autant de succès. Born to be alive et Les sunlights des tropiques ont encore de beaux jours devant eux.

Martial Delecluse

Comments

Комментарии для сайта Cackle
Загрузка...

More news:

Read on Sportsweek.org:

Autres sports

Sponsored