Nathalie Péchalat : « Faire aussi bien qu’en 2018 à Pyeongchang »
Vous avez été élue le 14 mars 2020, juste avant le confinement. Comment avez-vous travaillé durant ces deux années particulières pour préparer les JO ?
« On a priorisé parce qu’on a eu un empilement de problèmes à gérer. En premier, on s’est occupé de tout le volet éthique (1) ; en deuxième du volet juridique ; en troisième et en parallèle de tout ce qui est lié à la crise sanitaire, qui a débouché sur une crise économique. C’est de la gestion de crise depuis deux ans. On a mis en place tout un plan de relance pour aller chercher nos licenciés, en recruter de nouveaux, continuer à développer nos disciplines et à ce que les athlètes de haut niveau puissent s’entraîner et faire leur compétition, ça n’a pas été une mince affaire. On arrive au point d’orgue avec Pékin 2022. »
Comment gère-t-on une fédération multidisciplinaire, dont certaines ont peu de licenciés et de structures ?
« La difficulté c’est d’avoir des ressources humaines. On a eu un affaissement des CTS (conseillers techniques sportifs) qui appartiennent à la fonction publique, qui sont passés de 18 à 13, à cause de la crise éthique et d’une restructuration. On a priorisé en mettant des responsables de disciplines qui s’occupent du suivi des sportifs de haut niveau et du développement de leur discipline. On segmente, on se réunit et on essaye de personnaliser au maximum parce que toutes les disciplines ne sont pas au même point et n’ont pas vocation à arriver au même point. On essaye de faire au mieux pour chacune. C’est pharaonique. »
Votre fédération et celle de ski se partagent les sélectionnés aux JO. Y a-t-il une concurrence entre vous ?
« Non. On n’a pas du tout les mêmes publics et le même terrain de jeu. Je m’entends très bien avec Anne-Chantal Pigelet-Grévy (la présidente de la Fédération Française de Ski) comme je m’entendais très bien avec son prédécesseur Michel Vion que j’étais allée voir avant de me présenter à l’élection, on est dans le partage. Avec la crise sanitaire et Pékin qui arrive, on s’est beaucoup parlé pour savoir comment réagissaient les athlètes, ce qu’il fallait mettre en place, où ils en étaient dans leurs qualifications par rapport aux performances attendues. C’est enrichissant, ça se passe très bien. En allant plus loin, avec le hockey, c’est pareil, On travaille main dans la main pour développer les équipements sur le territoire. »
Quels sont les objectifs à Pékin ?
« Pour être honnête, on a du mal à donner un objectif chiffré parce que le contexte est tellement particulier, tout est possible. Aucun parcours n’a été linéaire sur cette olympiade. L’objectif n’est pas un nombre ferme de médailles, on veut faire aussi bien qu’à Pyeongchang en 2018. L’objectif en vrai, c’est que tous les athlètes sélectionnés puissent se rendre sur le territoire chinois et puissent performer. (2) »
Pour moi, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont au-dessus du lot.
La plus belle chance de titre pour votre Fédération provient de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en danse sur glace...
« Leur palmarès nous fait croire fermement à cet or olympique. Tout le début de saison le confirme, ils ont gagné leurs compétitions, ils sont dans de bonnes dispositions, ils sont en grande forme. Tous les voyants sont au vert. »
Comment voyez-vous leur duel annoncé avec les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov ?
« Selon moi, on nous vend ce duel pour nous faire croire que les Russes seraient au niveau de Gabriella et Guillaume. Mais pardon de vous décevoir, pour moi, il n’y a pas de duel. Oui ce sont de très bons concurrents, oui le niveau est relevé, évidemment on ne dénigre pas tous les autres participants aux Jeux Olympiques, tout le monde est méritant, a gagné sa place et va défendre son bout de gras pour aller chercher sa médaille. Mais, pour moi, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont au-dessus du lot de par leur palmarès, leurs performances de début de saison, sur tout... Même au niveau de l’aura, de leurs personnalités, c’est le jour et la nuit ! »
Vivian Massiaux
(1) Elle a succédé à Didier Gailhaguet qui a dû démissionner en février 2020 en raison d’un scandale de violences sexuelles dans le patinage artistique.
(2) Nathalie Péchalat elle-même et la présidente du CNOSF Brigitte Henriques ont été testés positives au Covid ce mardi et ne peuvent pour l’instant s’envoler pour Pékin.
Qui est Nathalie Péchalat ?Nathalie Péchalat, associée à Fabian Bourzat, est double championne d’Europe de danse sur glace (2011, 2012), double médaillée de bronze aux Mondiaux (2012, 2014) et a terminé 4e des JO 2014.Elle a été élue présidente de la Fédération Française des Sports de Glace le 14 mars 2020 et au conseil d’administration du Comité National Olympique et Sportif en juillet 2021.Elle est mariée à l’acteur oscarisé Jean Dujardin.
La Fédération Française des Sports de glaceLa FFSG gère 12 disciplines : 8 olympiques (patinage artistique, danse sur glace, bobsleigh, skeleton, luge, curling, short-track, patinage de vitesse) et 4 non olympiques (ballet, patinage synchronisé, freestyle et ice cross).En l'absence du hockey, non qualifié, la FFSG est l'une des deux fédérations françaises qui représentent le pays à Pékin avec celle de ski.

