Comment les écoles de danse de l'agglomération moulinoise s'adaptent-elles à la fermeture de leurs salles ?
Bien sûr, ce n’est pas pareil que dans une salle de danse, son parquet, ses miroirs, ses barres. Pour le travail au sol, ce n’est pas la panacée. Mais imaginez le beau soleil de mercredi dernier, combiné à un morceau de bitume rien que pour elles, au plaisir de se retrouver et de danser ensemble.
"Je les vois en tout petit dans Zoom !"Depuis la mi-février, les élèves d’Anne Olivier Ledemazel (Ballet Studio) ont pu goûter à la liberté de danser en extérieur : « On a d’abord essayé du côté du plan d’eau des Champins, mais il y a beaucoup de passage. Difficile de se concentrer. Et puis j’ai repéré le terrain de basket de Neuvy, contacté la municipalité. On y est bien. Quand il ne fait pas beau, on repasse en visio ! Mais j’en perds la moitié. Celles qui se connectent, je les vois en tout petit dans Zoom, j’essaie de les corriger mais sans contact, c’est compliqué ».Photo François-Xavier Gutton
Seules les « plus de 8 ans » ont repris le « présentiel en extérieur » et les classes d’éveil ont été mises en stand-by : « On a changé les horaires, avec le couvre-feu. On se retrouve le mercredi, le samedi et le dimanche. On fait du jazz, du contemporain... merci aux parents qui s’adaptent sans cesse aux nouveaux emplois du temps ! ».
Les consignes n'ont pas cessé d'évoluer Le 15 décembre 2020, le ministère de la culture avait réautorisé l’ensemble des lieux d’enseignement artistique à rouvrir. Puis à la mi-février, la danse, considérée comme un sport, n’a plus pu se tenir dans les salles. Puis, couvre feu à 18 heures. Et à 19 heures. Enfin, confinement de la Nièvre, ce qui empêche des élèves (de Dornes par exemple) de venir dans l’Allier.
A Temps danse à Yzeure, Stéfani Duchézeau s’est installée sous un préau du Parc de Panloup : « C’est mieux que rien... On a aussi testé au parc Laussedat et derrière Yzeurespace ».
J’ai des danseurs tout terrain. On est en train de créer un autre mode de vie !
« Alors ce n’est pas simple avec les plus petits, qui, à 4 ans, doivent essayer de se concentrer encore plus. car il y a le soleil, le vent, le nid de la tourterelle... »
Laure Guérin a « rapatrié » toutes ses élèves avermoises et yzeuriennes pour des cours devant Isléa les mercredis et samedis, « quand il fait beau. J’ai moins de monde. Des cours à 15, je passe à 8 élèves. Mais j’y suis pas mal, je peux tirer une rallonge, on utilise les barres de l’escalier. On se met en haut ou en bas des marches selon les besoins ».
Sans spectacle, c’est moroseDans ces conditions, difficile de se préparer aux concours et galas : « L’idée, c’est de s’amuser et de se faire plaisir avant tout, relève Anne Ledemazel. Maintenir une activité physique, c’est hyper important ! On verra pour les concours. On vit au jour le jour. J’ai quand même un petit espoir d’organiser un gala en extérieur, une démonstration, à la fin juin ».
Idem à Temps danse : « Même si on est confiné, on trouvera un moyen pour faire un “spectacle”, même juste pour nous, car on a besoin d’avoir un but. En tout cas, je suis en train de créer une vidéo pour chacune, pour qu’elles aient une trace de cette année si particulière ».
Voir cette publication sur Instagram Des ados super statiques
Les enfants souffrent : « La première fois qu’on s’est retrouvés après le confinement, j’avais des ados tout en retenue, super statiques, relève Laure Guérin. Alors que d’habitude, ça bouge pas mal. Je leur ai demandé de se lâcher. Après un peu d’encouragements, elles ont hurlé, tapé des pieds. Il ne faut pas les lâcher, car danser, ça fait du bien au moral. On ressent des émotions, c’est un exutoire ! C’est vraiment important dans cette période de continuer à bouger sur de la musique ».
Fermeture définitive. Florence Conrad-Montgilbert ferme officiellement ce samedi 27 mars son Académie chorégraphique, passage d’Allier à Moulins, « pour raisons de santé, mais aussi parce que c’est difficile en ce moment ». Elle cède l’école, ouverte par sa mère Thérèse en 1956, « gracieusement, avec tout le matériel ». Ce samedi, elle dira adieu à sa centaine d’élèves.
Mathilde Duchatelle

