Un nouveau lieu culturel "l'Ouvroir" est né à la chapelle de la Providence rénovée à Brive (Corrèze)
Dans un établissement qui œuvre depuis presque deux siècles dans le champ social, ils souhaitent cultiver des formes artistiques qui cassent les codes. A Brive, la Maison d’enfance à caractère social de la Providence accueille 37 jeunes en difficulté, sur placement judiciaire. Ces derniers sont âgés de 13 à 21 ans et la moitié d’entre eux est composée des mineurs isolés étrangers.
« Le but est de réparer ce qui peut l’être et de les emmener vers l’autonomie » résume Françoise Rabia -Clarissou, présidente du Conseil d’administration de l’association. »
L'ambition : faire de la haute couture culturelleLa chapelle de la Providence rénovée a été inaugurée en décembre dernier. photo s para.La chapelle désacralisée de la Providence a été rénovée, puis, inaugurée en décembre dernier grâce à un legs. Elle devient un nouveau lieu culturel briviste « L’Ouvroir ».
Cette dénomination fait référence à l’histoire de la Providence, créée en 1840 pour les orphelines pauvres à qui on enseignait la couture.
Avec son acoustique exceptionnelle, son espace modulable et ses équipements techniques, « L’Ouvroir » compte laisser libre cours à tous les arts. Avec un principe fondamental. « Ce projet culturel n’est pas isolé, mais fait partie de notre projet global associatif. Il faut que nos jeunes y soient inclus, pour que ça fasse sens, insiste Françoise Rabia-Clarissou.
Un parrain de coeurGiovanni Martinat, chorégraphe et danseur met en scène Moon, in your black eyesLa danse lui a sauvé la vie. Son histoire d’enfant maltraité par sa mère, fait donc l’écho à celles, parfois tout aussi douloureuses, des jeunes de la Providence. Ancien danseur de la Cie Hervé Koubi et chorégraphe, Giovanni Martinat était un parrain de choix et de cœur pour « L’Ouvroir ».
Avec sa compagnie, composé de 9 danseuses. Il y est accueilli tout le mois d’août pour travailler sur la version longue de son spectacle “Moon, in yoor black eyes”. On dit que le hasard est le clin d’œil à la vie. Toujours est-il qu’originaire de Nevers, Giovanni Martinat est parrain d’un lieu qui a justement été dirigé jusqu’en 1978 par les Sœurs de Nevers.
Le chorégraphe a déjà organisé plusieurs ateliers avec les jeunes accueillis par la Providence. Sa façon de les initier au breakdance et à l’improvisation a eu un franc succès. « Je me reconnais dans certains d’entre eux. Ça me donne encore plus envie de les aider », souligne-t-il.
Une rencontre a également été organisée entre Giovanni Martinat et ses artistes en résidence et les pensionnaires de la Maison d’enfance.
Un pilote expérimentéJean-Marc ComasC’est l’ancien adjoint à la culture du maire de Brive, Jean-Marc Comas qui va piloter le projet « culturel et humaniste inédit » de la Providence.
« Lors de l’inauguration, j’ai été complètement séduit par la salle, raconte-t-il. L’outil était là avec une très belle acoustique, la possibilité de projection et une régie située sur la mezzanine. Maintenant, il faut sortir des sentiers battus. Toutes les formes d’art seront acceptées, si tant est que les propositions ont un “petit plus” ».
La sélection des projets sera faite par un Comité consultatif culturel, composé « des personnes ayant des visions différentes. La présidente a souhaité qu’un jeune de l’établissement soit intégré à ce Comité, explique Jean-Marc Comas. On veut des propositions “alchimiques” avec les lieux et les jeunes qui y habitent. On est à la recherche des pépites. » L’ambition du nouveau lieu culturel est de faire part belle à toutes les formes d’art émergeant, mais aussi d’explorer les possibilités infinies de la réalité virtuelle et augmentée.
« Il faudra un rien d’originalité, parce que si c’est pour faire la même chose que tout le monde, ça n’a pas d’intérêt », résume Françoise Rabia-Clarissou.
Premiers événements de la “non-saison” de l’« Ouvroir »Une répétition publique de la Cie Giovanni Martinat aura lieu le 28 août de 14 heures à 18 h 30.
Un concert du duo flûte guitare composée par Raquel Magalhaes et Etienne Candela, sera organisé par le festival Terre de guitares, le 28 août à 20 heures. L’exposition « Couturières » sera visible pour les Journées européennes du patrimoine le 19 et 20 septembre.Une soirée autour du rugby et de la poésie sera animée par un rugbyman et poète, Mathias Atayi, un ancien de la Providence. La date n’a pas encore été fixée.
Comment candidater ?La saison culturelle de l’Ouvroir sera construite au fil de l’eau et à partir des demandes et des propositions. Pour candidater, il suffit de remplir la fiche contact en ligne sur http://www.laprovidence-brive.fr/louvroir/ .
La ProvidenceUn peu d'histoire : Orphelinat de La Providence a été crée en 1841. Dès 1867, il est reconnu d’utilité publique ar décret napoléonien du 9 novembre 1867. En 1945, une bombe destinée à la sous-préfecture est tombée dans le parc de l’établissement, créant un énorme trou, mais, sans faire de victimes. Jusqu’en 1978, la structure a été gérée par les Sœurs de Nevers. Aujourd’hui, la Providence est pilotée par l’Association qui porte le même nom, reconnue d’utilité publique.
Dragan PEROVIC

