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Comment la Thiernoise Mendy Zamboni est allée décrocher un titre européen de boxe savate en Croatie

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Plus de vingt ans séparent ses débuts au Boxe française savate club (BFS) de Thiers et son titre de championne d’Europe, boxe savate en catégorie assaut (*) à Zagreb (Croatie), début septembre. Vingt ans de hauts mais aussi de bas durant lesquels la jeune Mendy Zamboni a parfois tourné autour du pot avant de se rendre enfin à l’évidence : sa destinée serait celle des plus grands de la discipline.

Encore fallait-il s’en convaincre.

Retour après un long break

Aujourd’hui installée à Toulouse où elle s’entraîne au Centre de ressources d’expertise et de performance sportive (Creps) avec les meilleurs Français, Mendy garde un regard attachant où tout a commencé. "Pour moi Thiers, ce sont les Bérangers où j’ai vécu avant de déménager à Courpière, mais aussi mes années lycée à Germaine-Tillion, Patàpain, la galerie Carrefour ou encore les barbecues à Iloa et un groupe de copines très soudé, encore maintenant", développe la jeune femme de 28 ans.

Tigzoux, le tigre de Lezoux qui fait "miaou"

Soudé, le groupe l’est alors tout autant au sein du club de boxe thiernois, où sous l’impulsion de la coach Pascale Boex, sans qui Mendy n’aurait probablement pas décollé, les résultats ne se font pas attendre. "Pascale a réussi à nous transmettre sa passion, c’est pour ça qu’on est resté dans ce club familial mais qui était aussi dans une dynamique de performance", relate la boxeuse.

À 18 ans, la Thiernoise remporte sa première médaille d’or nationale, en catégorie junior. Un titre qui aurait déjà pu lui ouvrir les portes du Creps, un centre de formation à la pointe et un sésame incontournable pour prétendre jouer dans la cour des très grands. Mais à 18 ans, Mendy préfère profiter de sa jeunesse.

À Clermont-Ferrand, où elle passe un BTS "banque", la jeune fille délaisse les salles d’entraînement et les rings, leur préférant les sorties entre copines, les "Mac Do".

La coupure est presque totale. Elle durera plusieurs années.

Se recentrer sur l'objectif premier

Mais à 23 ans, "on avait fait un peu le tour avec ce style de vie", la passion la rattrape. Comme une envie irrépressible de remettre les gants, provoquer la chance pour atteindre les étoiles. Pascale Boex la reprend sous son aile. Avec l’aide de Guillaume Costes, un autre boxeur thiernois, elle reprend les entraînements à raison de trois fois par semaine, modifie son alimentation.

Au culot, alors qu’elle n’a pas vraiment boxé depuis plusieurs années, elle recontacte le Creps qui, grâce à ses résultats précédents et un projet professionnel solide en parallèle, accepte sa candidature. En septembre 2018, contre toute attente, elle rejoint Toulouse, "que je ne connaissais absolument pas" et s’investit corps et âme, gants aux poings, dans cette nouvelle vie. C’est un match en soi qui débute.

Le combat sera long.

Mendy mène de front ses études pour devenir professeur de sport et ses entraînements au Creps. Et pour devenir championne, il faut se construire, faire des sacrifices. Jusqu’où pousser son investissement ? Bien plus loin que ce que la jeune femme pensait alors.

Les premières années au Creps, j’ai stagné, je n’arrivais pas à passer les demis en championnat de France, j’avais pourtant l’impression d’avoir fait les sacrifices nécessaires. En fait, j’étais dans le faux, je continuais notamment à quitter Toulouse pour rejoindre mes copines le week-end.

En 2020, quand d’autres auraient pu tout plaquer, la sportive s’accroche et s’adjoint les services d’une coach mentale. Il faut alors se poser « la » question : pourquoi ai-je envie de performer dans cette discipline ? "J’ai compris que la boxe était une vraie passion qui me faisait vibrer, c’est très difficile à exprimer avec des mots. Quand je porte les gants, j’ai des étoiles dans les yeux même si ce n’est jamais facile, certains entraînements se terminent en pleurant."

Un titre mondial en 2024 ?

Désormais concentrée pleinement sur ses objectifs, elle passe définitivement un cap en 2023 en devenant, la même année et en catégorie moins de 60 kg, double championne de France combat (2e série soit la deuxième division) et assaut. Une dernière catégorie qui lui permet dans la foulée d’intégrer l’équipe de France et de participer aux championnats d’Europe avec les résultats que l’on connaît.

Aujourd’hui, la jeune femme, professeur de sports contractuelle à Toulouse, ne vit pas de son sport. "C’est très difficile même à ce niveau, je peux par contre espérer des sponsors", explique-t-elle. Prochain objectif, les championnats du monde d’assaut, en 2024 sans oublier la ville qui l’a vue grandir. "Thiers reste très chère à mon cœur et j’aimerais venir rencontrer les jeunes, leur parler de mon sport, et puis mieux faire connaître cette ville où je suis toujours licenciée."

À 28 ans, Mendy Zamboni est encore loin de raccrocher les gants, et sa quête est immense, à coups de poing, à coups de cœur.

(*) À la différence de la boxe combat, la boxe assaut se pratique par touches, sans violence et la puissance est exclue.

Yann Terrat

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