Jeremy Gohier, un ado québécois sur les traces de Wembanyama ?
Le réflexe est presque automatique dès qu’un très jeune intérieur au gabarit extraterrestre commence à émerger dans les circuits de scouting. Dans le cas de Jeremy Gohier, il l’est encore davantage. Né en 2010, annoncé à environ 2,29 m, le jeune Canadien a récemment été aperçu à Paris dans l’environnement de Comsport, l’agence qui a notamment accompagné le développement de Victor Wembanyama.
Forcément, le parallèle avec Wembanyama surgit vite. Et forcément aussi, il faut le manipuler avec beaucoup de prudence. Wembanyama n’est pas une simple référence de grand prospect européen. C’est une anomalie historique, un joueur qui a très tôt combiné taille, coordination, mobilité, toucher et lecture du jeu à un niveau quasiment inédit. À ce stade, comparer Gohier à ce type de profil ne dit pas grand-chose. En revanche, son cas mérite clairement qu’on s’y attarde.
La première raison, c’est évidemment son gabarit. À 15 ans, un joueur de cette taille est déjà un objet d’évaluation à part. La deuxième, c’est qu’il ne se contente pas d’être immense. En février dernier, Gohier s’est notamment signalé avec son lycée canadien en signant une ligne statistique qui a attiré l’attention : 46 points, 19 rebonds et 5 contres en 32 minutes, à 23/32 au tir, lors d’un match entre Nobel Elite et Lasalle (Québec). À cet âge, ce genre de production ne passe pas inaperçu, même s’il faut toujours replacer ces performances dans leur contexte.
???????? Jeremy Gohier (7’6 C | 2010) had himself a game yesterday for Nobel Elite in the matchup vs Lasalle (QC)
46 points
19 boards
5 blocks
23-32 FG
32 minutesImpressed by his fluidity at his freakish height, moving way better than Edey and Rioux did at 15 years old pic.twitter.com/394tjtcIcH
— nbadraftpoint (@nbadraftpoint) February 5, 2026
Ce qui intrigue surtout les observateurs, c’est moins la feuille de stats brute que la manière. À une taille aussi rare, sa fluidité ressort déjà beaucoup, au point que certains l’estiment plus mobile à 15 ans que Zach Edey ou Olivier Rioux au même âge. C’est évidemment une observation à manier avec précaution, mais elle dit bien ce qui rend son profil si intéressant : il ne s’agit pas seulement d’un géant, mais potentiellement d’un très grand joueur capable de se déplacer avec davantage d’aisance que la norme sur ce type de morphologie.
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Le fait de le voir graviter autour de Comsport n’est pas neutre non plus. L’agence de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana sait ce qu’implique le développement de profils atypiques, et dans ce genre de dossier, l’environnement compte presque autant que le talent brut.
La vraie question n’est donc pas de savoir si Jeremy Gohier est “le nouveau Wembanyama”. Elle est de comprendre quel type de prospect il peut devenir à partir d’une base physique aussi exceptionnelle. À son âge, tout passera par la construction du corps, les appuis, la coordination, le timing défensif, la qualité des mains et le développement technique.
Trop tôt pour lui coller une étiquette. Mais largement assez tôt pour dire ceci : Jeremy Gohier n’est pas un nom anecdotique dans le paysage prospect actuel.

