Les 10 équipes déjà éliminées qu’on va quand même regarder (et s’infliger)
Il reste entre neuf et dix matches de saison régulière à ces dix équipes-là. Neuf ou dix soirées de NBA sans enjeu de classement, sans frisson de play-in, sans vraie perspective de printemps. Dans pas longtemps, elles regarderont toutes les playoffs depuis leur canapé, probablement avec une boisson tiède et, pour certaines, de la frustration.
Sur le papier, on pourrait donc passer à autre chose. Les rayer de la carte, les laisser finir tranquillement dans un coin de League Pass, entre un back-to-back oublié et un match du dimanche soir avec des ingénieurs (pour faire plaisir à Antoine) que même les fans locaux regarderont d’un œil distrait. Après tout, une saison foutue reste une saison foutue.
Sauf qu’en NBA, même les fins de saison un peu bancales gardent un certain intérêt. Il y a toujours quelque chose qui traîne : un jeune qui mérite qu’on s’attarde sur lui, une association à tester, une hiérarchie qui bouge, un feuilleton d’été qui commence dès maintenant, ou simplement une bonne vieille curiosité malsaine devant un projet qui prend l’eau.
Alors oui, il faudra parfois s’infliger ces derniers matches. Mais pour chacune de ces dix franchises déjà condamnées à suivre les playoffs à distance, il reste au moins une bonne raison de continuer à regarder. Par conviction, par curiosité, ou parce qu’au fond, on aime aussi un peu le chaos.
EST
Milwaukee Bucks - 11e
On aurait pu jouer la carte morbide et dire qu’on allait surtout suivre l’épineuse fin probable d’histoire entre les Bucks et leur légende Giannis Antetokounmpo, avec la franchise qui veut l’envoyer en vacances et lui qui veut garder une image immaculée avant sans doute de partir. Évidemment qu’on sera branchés là-dessus, c’est le job. Mais pour le public français, et pas que, c’est aussi vraiment cool de voir Ousmane Dieng jouer autant de minutes et être souvent titulaire, même si c’est dans une équipe qui ne joue plus rien. Vu sa production et sa polyvalence, ça va forcément donner des idées à quelqu’un. En tout cas, vous l’aurez compris, on va surtout cliquer sur les Bucks pour observer l’ancien d’OKC.
Chicago Bulls - 12e
Franchement, l’intérêt de regarder encore des matches des Bulls à ce stade, c’est essentiellement pour deux gars qui jouent à 100% quoi qu’il arrive et qui font partie de l’avenir de la franchise : Josh Giddey et Matas Buzelis. Le premier est une machine potentielle à triple-doubles et un super passeur. Le second est divertissant dans son agressivité offensive et sa capacité à claquer des dunks spectaculaires lorsque l’occasion se présente. Je le trouvais un peu présomptueux et aigri (cf son envie de clasher Risacher) à son arrivée en NBA, mais je le comprends un peu mieux maintenant et il donne un petit coef de matabilité à Chicago.
Washington Wizards - 13e
On pourrait citer les deux Français des Wizards, mais Alex Sarr joue un match sur trois en ce moment et Bilal Coulibaly est un peu noyé dans l’océan de médiocrité qu’est cette équipe cette saison et encore plus à ce stade. Ce que fait Julian Reese, le frangin d’Angel, en termes de production est plutôt sympa, mais peut-être pas au point de rendre Washington regardable. Du coup, on va surtout garder un oeil sur eux pour voir si une équipe, et un joueur en particulier, ne va pas vouloir imiter Bam Adebayo ou faire mieux que ses 83 points d’ici la fin de la saison… Luka Doncic, Tyrese Maxey et Donovan Mitchell ont les faveurs des pronostics pour profiter de la générosité abusive des Wizards en défense.
Brooklyn Nets - 14e
Après un démarrage poussif et en G-League, Nolan Traoré a enfin du temps de jeu. Il y a à boire et à manger dans ce que propose le rookie français, mais la vitesse de son premier pas et son bagage global valent le coup d’oeil. Pour le reste, dur de trouver des raisons de brancher sur les matches des Nets, surtout maintenant qu’Egor Demin est out, lui qui était quand même le jeune joueur le plus performant parmi les 58 qu’ils ont draftés l’été dernier…
Indiana Pacers - 15e
S’il y a une chance pour que Caitlin Clark, photographe en bord terrain en ce moment, se voit demander de dépanner pour un match ou deux, on sera là pour voir ça. En attendant, on se contentera de regarder les conférence de presse pour voir si Rick Carlisle ressemble bien plus à Jim Carrey que Jim Carrey lui-même aujourd’hui.
OUEST
New Orleans Pelicans - 12e
DeAndre Jordan titulaire en 2026 ? Les Pelicans ont le don de susciter notre intérêt. S’ils se sont lancés dans une thématique et offrent des piges à Dwight Howard, LaMarcus Aldridge, Chris Kaman ou n’importe quel vétéran qu’on croyait en retraite, ça peut nous intéresser rien que pour l’expérience sociale. Zion Williamson est toujours intéressant à regarder, mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
Memphis Grizzlies - 13e
Rayan Rupert est en G-League, donc pas de chauvinisme à activer ce coup-ci. En revanche, GG Jackson, capable de dunker sur Victor Wembanyama, puis se faire postériser sur l’action suivante par ce dernier et Cedric Coward sont de super jeunes qui peuvent rendre des matches compétitifs. Tuomas Iisalo, malgré le bilan famélique des Grizzlies, fait quand même pratiquer un basket plutôt plaisant à ses joueurs, ou en tout cas essaye de mettre des choses en place pour la saison prochaine. Il y a donc pire qu’un match de Memphis en cette fin de saison. Pas non plus énormément de choses, mais il y a pire.
Dallas Mavericks - 14e
Tiens, ils ne devaient pas continuer à jouer le titre les Mavs, après le trade de Luka ? Bon, Nico Harrison est parti, donc arrêtons de tirer sur l’ambulance. L’intérêt des derniers matches tient surtout dans l’envie possible de Cooper Flagg de resserrer les positions dans la course au Rookie of the Year avec quelques perfs bien salées. Sinon, tout le monde s’en fout probablement, mais j’aime bien regarder Naji Marshall jouer au basket.
Sacramento Kings - 15e
C’est pratique ces équipes nulles avec des Français performants, ça nous permet de trouver une raison simple de les regarder même si à la base on n’en a vraiment pas envie. Maxime Raynaud fait une saison rookie de calibre All-Rookie 1st team et peut très bien sur un soir claquer un 30 pts, 15 rbds divertissant. Pour le reste, on ne recommande pas les matches des Kings à des personnes qui ont déjà eu des idées noires. Parce que voir une équipe avec DeRozan et Westbrook, auxquels on souhaitait vraiment une fin de carrière dans un contexte plus épanouissant, être dernier de l’Ouest sans l’avoir totalement fait exprès, ça peut être contagieux en termes de déprime.

