La NBA Europe, un projet qui recule ?
Le buzz est retombé. Après avoir été au cœur de l’actualité, certes par intermittence, pendant plusieurs mois, le projet NBA Europe est un peu passé sous les radars. Même l’ASVEL, qui semblait prête à rejoindre la Champions League FIBA pour se greffer plus facilement au nouveau championnat un moment annoncé pour 2027, serait en passe de faire marche arrière. Les matches à Berlin et Londres, deux marchés visés par la NBA, donnaient l’occasion à Adam Silver de clarifier la situation sur cette ligue aux contours américains sur le Vieux continent. Il en a finalement dit peu en parlant beaucoup, ou inversement selon la lecture de ses déclarations.
« Nous sommes énormément excités par ce projet », affirme le commissionnaire. « Nous avons discuté avec des clubs qui veulent y prendre part mais aussi d’autres investisseurs potentiels dont des médias prêts à couvrir cette ligue et des sponsors prêts à bosser avec nous. » En revanche, toujours pas de date officielle de lancement et encore moins de précisions sur les équipes qui seront greffées à la NBA Europe. Les différentes sources ont rapporté jusqu’à présent la possibilité d’un championnat à 16, avec 12 clubs permanents dont certains peut-être créés de toutes pièces comme Manchester City ou le Paris Saint-Germain.
L’Euroleague, qui ne participe pas au projet, se défend par tous les moyens et vient récemment d’envoyer une lettre à la NBA en la menaçant de la traîner au tribunal si jamais le géant américain négociait avec des formations qui ont déjà prolongé leur partenariat avec la plus grande ligue européenne actuelle. Silver ne cesse de son côté de répéter que le but est de maintenir les traditions du basket local en adoptant notamment les règles FIBA, etc. Il explique que ce qui motive aujourd’hui cette démarche, c’est notamment le fait que, selon lui et ses partenaires d’investissements, l’Euroleague n’exploite pas tout le potentiel marketing que représente le sport en Europe. Il veut d’ailleurs donner à son championnat une dimension globale.
Mais le patron sait que ça prendra du temps. Notamment avant que les clubs de la NBA Europe, dont le ticket d’entrée est parfois pressenti autour des 500 millions d’euros, deviennent rentables. « Nous prévenons nos investisseurs qu’il faut avoir une vision au très long terme. » Si ça paraît flou posé comme ça, ne serait-ce finalement pas là un aveu de faiblesse ? La NBA sent peut-être qu’elle n’aura pas de suite accès aux plus grands clubs, et donc aux plus grands joueurs. Si elle ne s’affirme pas de suite comme la meilleure ligue, elle aura du mal à passionner les foules sur le continent. Donc à générer des revenus. Et après tout, ce n’est que du business.

