Victor Wembanyama a-t-il trop frimé face à OKC ?
Victor Wembanyama avait donné le ton d’entrée. Deux dunks autoritaires (voir ci-dessous), directement sur Chet Holmgren, son rival naturel, quelques gestes appuyés après ces premières actions, et une impression claire : le Français voulait marquer son territoire. Seul problème, certaines "célébrations" ne passent pas. Et la réaction de Victor en début de match pourrait être vu comme un excès de confiance et un peu de frime gratuite.
Car face au Oklahoma City Thunder, ce démarrage spectaculaire a surtout déclenché une réponse collective, froide et résolument physique. San Antonio a fini par céder, lourdement battu 119-98 mardi soir.
Ce n'est pas la première fois que Victor est pris en "flagrant délit" de surconfiance, notamment face au Thunder. On se souvient du "clapping" de célébration ou de sa conférence de presse où il n'avait pas été tendre avec Holmgren en lui plaçant un joli tacle glissé à la carotide.
Même si les deux camps refusent de parler de rivalité (un classique entre rivaux), force est de constater que la star des Spurs aime jouer contre eux et n'hésite jamais à les provoquer un peu, quitte parfois à se bruler les ailes...
Dans une rencontre que le Thunder avait ciblée après trois défaites consécutives contre les Spurs cette saison, Oklahoma City n’a jamais cherché à répondre sur le terrain de l’émotion ou de la provocation. La réaction a été tactique, défensive, et assumée dans l’impact. Et Jalen Williams l’a parfaitement résumé hier en interview.
« Avec un joueur comme lui, il va forcément marquer. Il va mettre des paniers grâce à sa taille, des tip-ins, des alley-oops, faire des trucs un peu irréels pour quelqu’un d’aussi grand. L’important, c’est de ne pas lui donner les paniers faciles. Là où on se trompe sur une rotation, un switch, une couverture ratée. Parce que c’est comme ça qu’il peut prendre feu. »
« Notre état d’esprit, c’était de le forcer à prendre des tirs difficiles, à faire plusieurs actions pour marquer, à enchaîner les efforts. »
Ce plan s’est vu sur le parquet. Après son début de match tonitruant, Wembanyama a été progressivement contenu, forcé à multiplier les efforts pour chaque panier. En 28 minutes, il termine à 7 sur 15 au tir, avec seulement sept rebonds et un seul contre, bien loin de son influence habituelle.
Victor Wembanyama quitte le parquet sans checker OKC
Cette réponse n’a pas été que technique, elle a aussi été physique. Là encore, Williams ne s’en est pas caché.
« Contre tous les grands joueurs, et surtout contre lui, tu essaies d’être aussi physique que possible, parce que je lui rends énormément de centimètres. Derrière, il faut une défense prête à aider, des rotations propres, une vraie discipline collective. »
Le message était clair : pas de paniers faciles, pas de séquences pour le laisser respirer, et une présence constante autour du Français. Après ses deux dunks initiaux, le Thunder a progressivement fait basculer le match dans un registre plus rugueux, moins spectaculaire, mais totalement maîtrisé.
Wembanyama a assumé ses responsabilités après la rencontre, reconnaissant que les Spurs n’avaient pas respecté leur plan de jeu et que l’intensité imposée par OKC avait fait la différence. Cette fois, le Thunder n’a pas laissé la rivalité s’exprimer dans les gestes. Il a répondu sur le terrain, et surtout dans les corps.
En revanche, on peut supposer que Wembanyama était un peu plus touché émotionnellement qu'il n'ose le dire. Les médias US ont notamment souligné que Victor est le seul joueur des Spurs a être rentré au vestiaire directement sans serrer la main de ses adversaires. Ce n'est pas le premier à le faire et ce n'est qu'un match de saison régulière après tout, mais cela montre tout de même que la star des Spurs entretient une relation assez spéciale avec les joueurs d'OKC...

