À Thiers, les SAT Vaillante veulent "retrouver le plaisir de dribbler"
Ce n’est pas de la fatalité. Ce n’est pas un manque d’optimisme ni du désarroi. Peut-être autre chose, peut-être un mélange de tout ça à la fois. Et si on ne sait pas trop ce que c’est, il y a quand même ce petit quelque chose dans la voix de Pierre Pitelet qui ne ment pas.
Lui, l’entraîneur de l’équipe une, de l’équipe deux, chez les seniors, et également vice-président du club de basket thiernois, a plutôt du mal à cacher les questions qui lui passent par la tête et qui reviennent en boucle, comme s’il fallait défendre sur un shooter hors-norme.
Jouer pour gagnerLe shooter hors-norme, on ne va pas se mentir, c’est le Covid, qui malmène le tissu associatif et sportif. Changement d’habitudes, baisse de motivation, variation d’objectifs à la signature de la licence… Pourtant, sportivement parlant, c’est plutôt correct (voir encadré ci-dessous). Mais il y a ce petit « truc ».
« Nous venons de vivre deux saisons, avec finalement très peu de matchs à disputer, attaque Pierre Pitelet. On a perdu notre ADN. On s’entraîne oui, mais avec le fait de ne pas jouer, il y a forcément un peu moins d’envie, et ça a changé beaucoup de choses. Ça change les performances dans un premier temps. Mais j’ai bon espoir que ça revienne car les joueurs sont présents. Sans, peut-être, avoir la “gnac” que l’on avait il y a deux saisons. »
En somme, faudrait-il déjà retrouver le plaisir de dribbler, avant de penser à gagner ? Le discours de la Fédération française de basket-ball a été dans ce sens. Le retour au jeu. « Mais bon, moi tout du moins, et une grande partie des joueurs, on joue pour gagner », avance l’entraîneur.
Le club a divisé le prix de la licence par deuxUne mise au point qui n’efface pas les nombreuses pertes en termes de licenciés en Auvergne. Le basket, un sport forcément plus concerné par les restrictions sanitaires qu’une activité d’extérieur.
« Et puis les degrés de passion sont différents chez chacun. Certains ont été habitués à ne plus jouer et ça a fait du mal. Il y a ceux qui partent et qui font autre chose. Moi le premier, j’étais en manque la première saison, mais la seconde, pas plus que ça… Mais c’est revenu ! »
L’école de basket-ball se maintient, elle, à un nouveau très correct, même si sur l’ensemble du club, Pierre Pitelet l’affirme : « On a perdu 25 % de licenciés. Il n’y a plus d’équipe 3 par exemple. »
Alors, pour faire un geste, le club a divisé cette année le prix des licences par deux, pour les anciens licenciés, mais pas pour les nouveaux. Histoire de garder ceux qui ont les SAT Vaillante chevillés au corps. « Mais il y a des gens pour qui ce n’est pas suffisant », soupire Pierre.
Cependant, tout n’est pas à jeter dans l’évolution récente du club. Il y a quelques années de ça, Pierre Pitelet se voyait-il à la tête d’une équipe en Régionale 3, et l’autre en Pré-régionale ? « Certainement pas ! Aujourd’hui, on sait jouer sur des systèmes, on sait changer de défense. On a progressé oui, parce que les joueurs ont fait des efforts. »
Alexandre Chazeau
Viser la montée en Régionale 2 ? À l’heure actuelle, les SAT Vaillante sont dans une poule de six, pour une première phase de championnat. Il faut faire partie des trois premiers pour intégrer une poule de montée. Ce qui devrait être acquis par les joueurs de Pierre Pitelet. Le souci, c’est que les compteurs ne sont pas remis à zéro, et les SAT comptent déjà deux défaites d’écart sur le leader, Lussat. « On perd chez eux en fournissant une mauvaise prestation, et la semaine d’après, on perd contre une équipe de milieu de tableau dans le dernier quart d’heure, peste Pierre. L’objectif, en étant raisonnable, était de monter, mais sur les prestations actuelles, ça va être dur, parce qu’on ne joue pas trop bien… »

